Je n’en ai pas trouvé confirmation sur le site officiel de la Jaxa ; j’ai lu ce soir une dépêche de l’AFP bien triste. Non seulement les chances de retour de Muses C s’amenuisent de plus en plus, mais la récolte d’échantillons semble avoir été un échec.
J’ai déjà déploré le manque de communication fiable provenant de l’agence japonaise.
En tout cas, les techniques de pointe mises en oeuvre démontrent qu’elles ne sont pas encore complètement maitrisées. Ce n’est pas un drame en tant que tel. La conquête de l’espace est un chemin semé d’embuches, nous le prouvent l’histoire astronautique américaine, russe ou maintenant chinoise qui est en plein essor.
Beaucoup de travail dans ce domaine reste à accomplir par le Japon. Le projet était ambitieux, la désillusion japonaise, si cette nouvelle est confirmée, doit être grande.
J’ai essayé de nous tenir au courant de l’évènement au fil des jours. Ce faisant, j’ai découvert combien il est compliqué d’analyser les documents lorsque l’information est parcellaire et alors difficile à restituer. En contrepartie, j’ai pris beaucoup de plaisir à vous la communiquer au jour le jour. J’espère pouvoir continuer cette aventure.
Dès que possible, nous partons pour Titan.
Dans ma note du 13 août Titan j’avais évoqué le travail d’analyse qui continuait à partir des données recueillies par Huygens lors de son atterrissage sur la surface du satellite de Saturne.
Ce soir j’ai découvert une photo transmise par Huygens une fois posée sur le sol de Titan. Avant d’essayer de réaliser un article plus sérieux, je ne résiste pas à l’envie de vous la faire partager :

Je la trouve incroyable, car on imaginait un sol gelé de méthane. Cette vue montre bien des rochers estimés à quinze centimètres de moyenne en taille. J’aurai l’occasion de revenir sur les données transmises par Huygens, qui aurait très bien pu se poser dans un fleuve d’hydrocarbures avec un peu moins de chance…
Les dernières nouvelles de Hayabusa ne sont pas bonnes.
Pour compléter la dernière note, la sonde est équipée d’un moteur ionique pour son déplacement dans l’espace et de deux groupes de 6 moteurs pour les manœuvres locales.
Sur l’un des groupes des fuites de carburant avaient déjà été signalées. Sur l’autre, certains des moteurs, malgré la protection thermique qui les recouvre, ont été mesurés par télémétrie à une température de -30 °. Ce qui signifie que leur carburant est gelé.
Des solutions de réchauffement et de stabilisation de la sonde pour lui envoyer les paramètres du retour sont possibles mais longues à mettre en oeuvre. Or si la sonde quitte Itokawa à partir de la deuxième quinzaine de décembre, l’angle d’arrivée en juin 2007 de la capsule de récupération des échantillons au-dessus de l’Australie, sera trop important. L’échauffement lors de la pénétration des couches atmosphériques de la Terre risque de détériorer sa précieuse cargaison…
Attendre et voir…