Alors que les autorités politiques avaient annoncé comme but principal dans l’avenir l’arrivée de l’homme sur Mars, la lune, paradoxalement, retrouve un intérêt primordial pour la réalisation de ce projet.
Il devient indispensable d’installer une présence quasi permanente de l’homme sur la lune pour permettre l’installation d’une base avancée avant le grand départ vers Mars.
Dans cette optique chaque détail acquiert son importance.
Le professeur Clive R. Neal, assisté d’une quinzaine de planétologues, a épluché les rapports des missions Apollo qui se sont succédées sur la lune.
Entre 1969 et 1972, les missions Apollo 12, 14, 15 et 16 ont installé des sismomètres qui ont envoyé par radio les vibrations enregistrées jusqu’en 1977.
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Les données ont révélé qu’il existe quatre types de tremblements de lune :
- les séismes profonds à environ 700 km de la surface
- les chocs dus aux impacts des météorites
- les séismes thermiques dus à l’alternance de chaleur entre les jours et les nuits lunaires qui affectent la croùte
- enfin les séismes ayant lieu à faible profondeur (entre 20 et 30 kilomètres sous la surface.
Ce sont ces derniers qui posent problème. Les sismomètres en ont dénombré 28 de 1972 à 1977 allant jusqu’à 5.5 sur l’échelle de Richter. ( les murs se lézardent, les objets lourds se déplacent)

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Sismogrammes obtenus depuis la station Apollo 16, à gauche les séismes profonds; à droite les superficiels
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Sur Terre les séismes ne durent généralement pas longtemps, 30 secondes, au plus deux minutes, car les vibrations sont absorbées par l’eau qui imprégnent les roches et qui agit comme un tampon.
Sur la lune les séismes de faible profondeur, peuvent durer jusqu’à dix minutes. Le sol lunaire est complétement rigide et vibre comme une cloche sous les vibrations. Le danger provient alors plus de la durée du tremblement lunaire que de son intensité intrinséque.
L’équipe du professeur Neal insiste dans son rapport sur les développements de recherche nécessaires avant l’installation d’une base lunaire.
Connaître parfaitement la flexibilité des matériaux pour qu’aucune fissure ne les pénétre ainsi que leur degré de résistance aux torsions avant leur rupture.
Les sismomètres ont été installés autour des missions Apollo ce qui ne représente qu’une faible superficie de la lune. Particulièrement la zone polaire sud, lieu logique de la future implantation humaine est complétement inconnue.
L’équipe préconise l’installation d’une douzaine de sismomètres tout autour de la lune avec une période d’observation de trois à cinq ans. Par méthode de triangulation, il sera alors mieux possible de connaître le lieu et l’origine des tremblements de lune.
Pour l’instant les scientifiques supposent que les remparts des grands cratères récents seraient à l’origine d’immenses glissements de terrains lunaires.
Le professeur Neal remarque d’ailleurs que les autres planètes du système solaire doivent être elles aussi parcourues par des séismes.
“La lune est un banc d’essai pour les futurs réseaux de sismomètres que nous devrons établir sur Mars, et au-delà…”
Sources :
Ciel des hommes
Science-Nasa