Du ciel et de la terre

21.4.2006

Actualité martienne

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 23:26

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Ma’adim Vallis (plan large)

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Source : ESA/DLR/FU Berlin

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Ce cliché de Ma’adim Vallis a été pris par la sonde Mars Express de l’ESA, la résolution est de 16 m par pixel.

Cette vallée s’étend sur près de 900 km. Elle prend sa source dans le bassin d’impact Eridana et se termine dans le cratère de Gusev. Elle atteint à certains endroits 2 km de profondeur pour une largeur moyenne de 5 km pouvant aller jusqu’à 20 km.

 

Le cratère de Gusev abrite le robot Spirit qui vient d’établir son quartier d’hiver sur une pente pour recharger ses batteries. Une de ses six roues est apparemment inutilisable. L’autre robot Opportunity vient lui de quitter le cratère Erebus (400 m de large) pour se diriger vers le cratère Victoria (800 m de large).

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Opportunity en route vers le cratère Victoria (plan large)

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Source : JPL/NASA

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Pour en revenir à Mars Express, la sonde de l’ESA a à son bord un spectromètre observant dans le visible et l’infrarouge, baptisé OMEGA. Son but est l’analyse de la présence d’eau et des minéraux de la planète. Sur Terre, l’instrument est placé sous l’autorité du professeur Jean-Pierre Bibring de l’Institut d’Astrophysique à Orsay. Celui-ci vient de publier un article dans la revue américaine Science renouvelant l’étude de l’histoire géologique de Mars.

 

Jusqu’à présent, après observation, comme sur la Lune, du nombre des cratères de la planète (plus un terrain est ancien, plus il est cratérisé), l’histoire de Mars se divisait en trois périodes : la plus ancienne le Naochien, puis l’Hesperien et enfin l’Amazonien.

 

Le professeur Bibring, au vu des résultats apportés par OMEGA, propose une nouvelle classification historique de Mars fondée sur sa minéralogie et son interaction avec l’eau.

 

Le Siderikian est la période la plus récente et la plus longue. Elle commence il y a 3.8 milliards d’années. La fameuse couleur rouge de Mars provient de la lente altération des matériaux en contact avec l’atmosphère et son oxygène même présente en quantité tenue, plutôt que due à l’action de l’eau.

 

L’ère la plus ancienne, entre 4.5 et 4.2 milliards d’années, est le Phyllosian (pour phyllosilicates). L’atmosphère de Mars est alors chaude et humide. C’est à cette époque que les conditions étaient les plus favorables à l’éclosion de la vie. Les grandes quantités d’eau disponibles ont permis la formation sur de longues périodes d’argiles.

 

Elle a été suivie par l’ère Theiikian, entre 4.2 et 3.8 milliards d’années. Elle voit de grandes éruptions volcaniques produitent des sulfates qui au contact de l’eau donnent des pluies acides. L’eau, quand à elle, s’est soit volatilisée dans l’espace, soit enfouie dans les profondeurs du sol. Mars prend son aspect froid et désolé actuel.

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Source IAS/OMEGA/ESA (plan large)

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Cette carte montre la répartition des éléments minéraux hydratés à la surface de Mars. En rouge les phyllosilicates, en bleu les sulfates, en jaune les autres minéraux hydratés.

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La région de Marwth Vallis (plan large)

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Source IAS/OMEGA/ESA

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A gauche la carte de Marwth Vallis a été établie par l’instrument MOLA de la sonde Mars Global Surveyor. A droite ont été rajouté les zones de minéraux hydratés détectés par OMEGA. Flèche rouge, elles ne se trouvent pas dans la vallée mais sur les flancs des cratères érodés.

 

Dans les vallées, l’eau n’a pas coulé suffisament longtemps pour modifier les minéraux locaux.

 

De nombreuses questions subsistent au vu de la présentation du professeur Bibring.

 

Nous ne connaissons pas l’histoire géologique ancienne de notre Terre, le sol étant constamment renouvelé. Il est donc impossible de savoir si dans ces premiers temps une forme de vie fut possible.

 

D’autre part, les zones argileuses ont bien pu se former sous la surface.

 

Les grandes vallées qui ont transporté des quantités phénoménales d’eau ne l’ont fait que sur des périodes trop courtes, géologiquement parlant pour permettre l’éclosion d’une vie durable comme sur Terre. Par contre cette érosion a mis à jour les zones argileuses qui ont pu conserver intactes les traces d’une vie organique originale.

 

C’est donc vers ces zones que seront dirigés de futurs robots martiens.

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Sources ESA/OMEGA/HRSC (plan large)

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Sources de cet article :

 

ESA

 

NASA/JPL/Rovers martiens

 

Flashespace

 

Futura-sciences

 

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