Quand les étoiles jouent au billard..
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Avant d’aller plus loin, une définition s’impose : un sursaut gamma, Gamma Ray Burst (GRB) en anglais, est l’émission très courte (entre quelques micro-secondes et 100 secondes) d’un flux de rayonnement dans les ondes gamma (comme dans le visible mais correspondant à des énergies de plusieurs milliards de degrés).
Ce sont les évènements les plus violents de l’univers depuis le Big Bang.
Leur première détection date de 1967 par un satellite espion américain (Vela qui signifie chien de garde en espagnol) qui recherchait la trace de photons gamma et donc le suivi des essais nucléaires soviétiques.
Assez rapidement les scientifiques s’aperçurent que les sursauts gamma provenaient de distances lointaines et d’un peu partout de l’univers. On en détecte à peu près un par jour.
Évènements énigmatiques, jusqu’à présent, les sursauts gamma étaient reliés théoriquement à l’absorption d’un pulsar par un trou noir, ou à la collisions de deux étoiles à neutrons et plus récemment à la fin d’étoiles massives.
Un article publié par l’Observatoire de Paris vient apporter une explication nouvelle sur l’origine de certains sursauts gamma.
Pour en revenir à la théorie, les scientifiques estiment qu’une étoile supermassive sur dix mille meurt en libérant un sursaut gamma.
En reprenant les statistiques concernant les sursauts gamma reliés à une supernova avérée, une équipe d’astrophysicien franco-suisse de l’Observatoire de Paris et de l’université de Genève, s’est aperçue d’une coïncidence troublante.
A titre d’exemple, le 25 avril 1998 a été enregistré un sursaut gamma GRB980425 dans la galaxie ESO-184-G82. Cette galaxie est une spirale barrée éloignée de 125 millions d’années-lumière de nous.
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la galaxie ESO-184-G82 et la zone compacte d’étoiles massives
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source ESA/Université de Copenhague
Ce cliché a été pris par Hubble le 12 juin 2000.
La supernova correspondante à GRB980425 provenait d’une zone calme de la galaxie mais située à 3000 années-lumière d’une région contenant beaucoup d’étoiles très massives dans un amas stellaire compact.
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Source Observatoire de Paris
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Or cette même distance d’environ 3000 années-lumière d’une zone compacte d’étoiles massives étaient relevée sur les autres supernovae reliées à l’émission de sursauts gamma.
Quelle peut en être l’explication ?
Dans les amas compacts d’étoiles, le jeu des forces gravitationnelles est énorme.
Un peu comme dans un billard, il arrive que l’une d’entre-elles soit la cible particulière de ses soeurs. Elle subit le choc d’abord en se mettant à tourner très rapidement sur elle-même pour finir par être expulsée à très grande vitesse de son lieu de naissance.
L’étoile va ainsi traverser l’espace pendant deux ou trois millions d’années en parcourant 3000 années-lumière tout en tournant toujours sur elle-même et en laissant des traces de son passage. ( voir note du 22/01/2006 )
Elle va finir par s’effondrer sur elle-même dans une supernova en libérant un sursaut gamma.
Les chercheurs pensent que le sursaut gamma provient dans ce cas de la rotation rapide de l’étoile entraînant une asymétrie (une onde de choc) lors de la libération d’énergie finale.
J’ai été époustouflé par cet article car de l’observation statistique d’évènements énigmatiques naît une explication tout à fait logique et finalement assez simple d’un des aspects de ce mystère de l’univers.
Sources principales de cet article :
Planetastronomy ( le compte rendu des conférences astronomiques est très agréable à suivre)
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