Du ciel et de la terre

9.6.2006

Un diamant caché dans le nid du Toucan

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 23:01

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En ce qui concerne les images du ciel, j’ai au fond de moi un petit jardin secret. Peut-être parce que je sais que mes yeux ne contempleront jamais la nuit de l’hémisphère sud, je suis friand des photos des galaxies satellites de notre Voie Lactée, à savoir le petit et le grand nuage de Magellan. J’ai déjà affiché ici les scintillements de pierres précieuses que forment leurs amas globulaires. Aujourd’hui je vous présente un diamant.

Situé dans le petit nuage de Magellan, à 16000 années lumière de nous, son nom scientifique est 47 Tucanae ou NGC 104. Les familiers l’ont baptisé 47 Tuc, c’est l’un des joyaux de la constellation du Toucan.

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Ce cliché a été pris par le VLT en 2001. Il ne représente que le coeur de l’amas qui est quatre fois plus vaste. 47 Tuc a été découvert en 1751 par l’astronome français Nicholas Louis de Lacaille. Dans ce type d’amas, qui peut comporter plusieurs dizaines de millier d’étoiles, les scientifiques pensent qu’elles sont nées en même temps à partir du même nuage de gaz primordial et qu’elles sont liées sous cette forme par leur gravité mutuelle. Très âgées, on y dénombre de nombreuses géantes rouges. Leur densité est telle qu’en son coeur, une étoile n’est séparée d’une autre que par quelques dixièmes d’années lumière, l’équivalent de notre système planétaire. A titre de comparaison, Proxima du Centaure, l’étoile la plus proche du soleil est elle éloignée du 4,22 années lumière.

 

Cette proximité entraîne de nombreuses interactions entre elles. Les télescopes Spitzer et Chandra y ont trouvé plus d’une vingtaine d’ étoiles à neutrons recevant de la matière d’un compagnon. Pour rappel une étoile à neutron, résultat d’une supernova, tourne très rapidement sur elle-même. Pour un diamètre de 10 à 20 kilomètres elle renferme la masse du soleil. L’équivalent d’une tête d’épingle, soit un millimètre, correspond à une masse d’un million de tonnes de matière.

 

Autre conséquence de la densité d’étoile : les chercheurs du VLT n’ont décelé aucune planète du type Jupiter chaud. La cohabitation des étoiles dans un espace restreint, ne semble pas favorable à la création ou à la pérennité de systèmes planétaires.

 

Source ESO

 

 

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8.6.2006

Au théâtre de Jupiter…

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 22:37

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J’ai déjà consacré plusieurs notes à Red Spot Junior, la « petite » tâche rouge de Jupiter, petite comme le diamètre de la Terre tout de même, car sur Jupiter les échelles sont grandioses.

Christopher Go, un astronome amateur philippin, a pris ce cliché le 28 mai dernier. Il est le premier à avoir annoncé la colorisation en rouge de Ovale BA, le vrai nom de Red Spot Jr.

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Les deux tâches, qui avancent en sens inverse, devraient se rencontrer le 4 juillet 2006. Se frôler plutôt. Lors des rencontres précédentes de 2002 et 2004 peu d’évènements notables.

Les deux tempêtes tournant en sens inverse avec des vents atteignant les 600 km/h, certains astronomes pensent que Red Spot Jr pourrait s’en trouver ralentie et perdre son titre de tâche rouge pour redevenir crémeuse.

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Tous ceux qui possèdent même un petit télescope pourront suivre l’événement et faire leurs observations en direct.

 

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Pour les amateurs voici un « site » consacré à Red Spot Jr.

 

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Source Ciel des Hommes.

 

 

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6.6.2006

Andromede suite : en infrarouge cette fois-ci.

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 23:10

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Le hasard fait bien les choses. Pendant qu’hier je nous montrais la galaxie Andromede vue aux rayons X par le satellite spatial Chandra, au même moment paraissait une étude menée par le Dr Pauline Barmby du centre Harvard Smithsonian pour l’astrophysique Cambridge.

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Le Dr Barmby et son équipe ont présenté leurs observations d’Andromede, en infrarouge cette fois-ci, réalisées grâce au télescope spatial Spitzer, lors de la 208 ème journée de la société astrophysique américaine qui avait lieu à Caligari Canada.

Premier résultat : la brillance d’Andromede permet d’estimer le nombre de ses étoiles à mille milliards (un trillion) contre 200 à 300 milliards pour la Voie Lactée. M 31 s’étend sur 260 000 années lumières pour environ 100 000 pour notre galaxie mais la majorité de ses étoiles est plus petite.

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Cette image d’Andromede est une composition de plus de 3000 clichés. Par convention les poussières sont représentées en rouge, les étoiles en bleu. Nous pouvons admirer les « vagues » formées par les poussières le long des bras spiraux qui se prolongent jusqu’au coeur de M 31, ce qui est difficilement observable en lumière visible. Ce sont dans ces régions que naissent les nouvelles générations d’étoiles; le centre galactique étant, lui, peuplé d’une énorme masse d’étoiles plus anciennes.

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Pour le plaisir des yeux voici une autre image de M 31 toujours prise par Spitzer, mais en 2005.

 

Source NASA Spitzer

 

 

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5.6.2006

Andromede aux rayons X

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 23:37

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Andromede ou M 31 est une galaxie un peu jumelle de la nôtre, située à 2 millions d’années lumière de nous. Dans un futur lointain la Voie Lactée et Andromede fusionneront.

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Le satellite Chandra l’a observée 37 fois d’octobre 1999 à décembre 2007 pour une durée totale de 54 heures.

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Les couleurs correspondent aux énergies des rayons X , conventionnellement rouge pour les basses, vertes pour les moyennes et bleues pour les hautes. Cette image nous montre un nuage central entouré d’une collection de points diffus.

La partie centrale d’Andromede forme dans le visible une bulle qui s’étend sur quelques milliers d’années lumière de part et d’autre du plan galactique. Le nuage diffus en rayons X correspond à l’accumulation dans cette région de gaz chauffés à des dizaines de millions de degrés par les supernovae successives. Leur énergie accumulée peut dans le futur chasser le gaz du centre vers la périphérie ou au contraire être la source de nouvelles générations d’étoiles. Jusqu’à maintenant l’observation des centres galactiques montre qu’ils sont surtout constitués d’étoiles anciennes entourant un trou noir super massif.

 

Les points diffus sont associés à la présence de systèmes binaires d’étoiles qui contiennent une étoile à neutrons ou un trou noir. La matière de l’étoile normale tombant sur son compagnon s’échauffe de plusieurs dizaines de millions de degrés, dégageant des rayons X.

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Plan large : 792 x 612 pixels

 

 

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Source Chandra NASA

 

 

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4.6.2006

Titan, son atmosphère, sur fond d’anneaux

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 21:48

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Pour terminer ce dimanche, voici une image toute fraîche prise le 2 juin 2006 et reçue hier sur Terre.

Nous pouvons y admirer Titan entourée de son atmosphère, à contre jour du soleil, sur fond d’anneaux saturniens. La sonde Cassini se trouvait “approximativement” à 2 338 094 km de Titan. Ce cliché n’a pas encore été “calibré” par la NASA.

source SpaceRef NASA JPL

 

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3.6.2006

Un cratère géant conservé sous la glace ?

Enregistré dans : de la pluie et du beau temps — jjb @ 23:54

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Ralph von Freese et Laramie Potts de l’Université de l’Ohio viennent en examinant les cartes de gravité terrestre prises par les satellites GRACE (Gravity Recovery Climate Experiment) de faire une découverte étonnante.

L’événement remonte à la grande disparition des espèces de la fin du Permien, avant le Trias, il y a 250 millions d’années. Les chercheurs ont localisé au niveau de l’Antarctique Est, dans la région des Terres de Wilke, l’emplacement d’un cratère d’impact de 480 km de large. Cette zone est recouverte d’un manteau de glace épais d’ 1,5 km .

Les cartes de gravité montrent en excès de masse magmatique à cet endroit (un mascon) alors que l’épaisseur de la croûte terrestre y est faible. Les mascons sur Terre sont plutôt rares car notre planète est en perpétuel renouvellement. Sur la lune, commente von Freese, lorsque l’on regarde un grand cratère, un mascon lui est toujours associé; on y compte plus de 20 cratéres aussi importants que celui-ci.

D’après les chercheurs, la météorite originale devait avoir 50 km de diamètre. A titre de comparaison, le cratère de Chicxulub dans le Yutakan, daté de 65 millions d’années, avait pour origine un objet large de 10 kilomètres.

( Note de l’auteur : Contrairement à l’idée communément admise, des études récentes montrent que l’impact de Chicxulub, s’il a certainement eu des conséquences importantes sur l’environnement de la planète, n’est pas la cause directe de la disparition des dinosaures.)

Il est indéniable que le choc daté de 250 millions d’années pourrait expliquer la disparition de beaucoup de formes de vie à la fin du Permien, laissant la voie libre aux dinosaures.

Autre conséquence directe intéressante à plus long terme, cet impact colossal est peut-être à l’origine de la crevasse qui 150 millions d’années plus tard allait entraîner la dislocation du continent unique Gondwana, et dans cette région la séparation de la plaque tectonique de l’Australie.

Les savants, à défaut de pouvoir réaliser des sondages trop coûteux sous l’épaisse couche de glace, vont se rendre dans les environs du cratère dans l’espoir d’y recueillir des éléments minéraux venant étayer leur thése.

Sur les cartes suivantes, le cercle correspond à l’emplacement supposé du cratère.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sources:

SpaceRef

Futura Sciences

University of Ohio institut Godard NASA

 

 

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2.6.2006

Quelques nouvelles de l’esprit et du vagabond. Chronique des robots martiens

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 23:57

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Cette vue a été prise par les caméras embarquées sur Spirit le 9 mai 2006. Elle montre les traces de roulement du robot depuis l ‘affleurement de roches Tyrone jusqu’à l’arrivée à son refuge d’hiver.

D’autres photos seront prises pendant l’hibernation pour étudier l’action du vent de surface. Celle-ci sera plus facile à observer au niveau des traces de passage de l’engin.

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Le vagabond, lui, toujours en route vers le cratère Victoria, s’est attardée sur une roche baptisée Cheyenne. Le pouvoir d’abrasion de la brosse fixée sur le bras manipulateur d’Opportunity est mieux conservé que pour Spirit.

 

Cette vue, prise le 14 mai 2006, du rocher nettoyé de ses poussières, fait 6 cm de large.Sa résolution est de l’ordre de 30 microns.

 

Cheyenne a été analysée par le spectomètre du robot. Pour les spécialistes, les concrétions sphériques sont plus petites que sur d’autres roches déjà étudiées. Les espaces laissés libres entre les cristaux leurs semblent issus de la solubilité de certains sels sous l’action de l’eau.

 

Source : Mars Exploration Rover Mission.

 

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1.6.2006

Les mystères d’une étoile à neutrons

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 23:19

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Ce cliché est un ensemble d’images composites prises dans les longueurs d’ondes visibles, radio et X.

IC 443, tel est le nom de cette nébuleuse, se trouve dans la constellation des Gemeaux, à 5000 années lumière de nous. Il s’agit des rémanants d’une supernova, dont nous avons eu l’occasion d’admirer d’autres spécimen ici. Mais ce qui est plus rare, se trouve au niveau de l’encadré. L’étoile à neutrons responsable de la supernova ne se trouve pas au centre de ses éjections, mais bien à leur base.

Cette position inhabituelle peut s’expliquer par sa grande vitesse de déplacement (de l’ordre de 800 km/s) lors de l’explosion il y a 30 000 ans.

Curieusement son axe ne semble pas être perpendiculaire à son lieu d’origine, ce qui a fait douter certains scientifiques que CXOU J061705.3+222127 (tel est son nom ou J0617) soit bien la responsable de la supernova.Ce phénomène s’exo*pliquerait par le fait que le déplacement de l’étoile à neutrons ait été accéléré et dévié par le souffle de sa propre explosion. Si dans 10 ans, les télescopes se tournent vers J0617, ils ne la trouveront plus à la même place!

Autre curiosité, une deuxième équipe de scientifiques a relévé du gaz « frais » dans le sillage de J0617 ainsi que la présence d’un point identique autour de l’étoile à neutrons.

IC 443 n’a pas fini de révéler tous ses secrets !

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Ce cliché de J0167 a été pris le 12 janvier 2005 par CHANDRA résultant de onze heures d’observations.

Article à paraître dans Astrophysical Journal signé Bryan Gaesler et Margarita Karovska pour la deuxième équipe, Harvard-Smithsonian Center of Astrophysics Cambridge

 

Sources CHANDRA NASA

 

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