Du ciel et de la terre

31.8.2006

SN 2006aj ou la mise en évidence d’un nouveau type d’explosion

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 23:14

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L’histoire débute le 18 février 2006, quand le télescope spatial Swift enregistre un sursaut gamma (GRB) inhabituel. Ces signaux très puissants mais très brefs de l’ordre de quelques millisecondes à quelques dizaines de secondes émettent plus d’énergie que notre soleil pendant toute son existence. La théorie les relie à la naissance d’un trou noir lors d’une hypernova, ou à la collision d’une étoile à neutrons avec un trou noir. Or ce GRB (GRB 060218) a duré plus de 2000 secondes avec une intensité beaucoup plus faible qu’à l’habitude.

L’analyse de la postluminescence liée à GRB 060218 a confirmé l’existence d’une supernova baptisée SN 2006aj et située dans une galaxie sans nom située à 440 millions AL de nous dans la constellation du Bélier. Le VLT a suivi l’événement pendant 17 jours dès le 21 février 2006 par son spectographe et a recueilli beaucoup d’informations sur la composition chimique des débris. Ces informations sont d’ailleurs encore en cours de traitement actuellement.

L’équipe de Paolo Mazzali de l’Institut Max Planck à Garching (Allemagne) a étudié les données recueillies par le VLT. Elle estime la masse de l’étoile originelle à 20 fois celle du soleil soit beaucoup plus faible que celles des étoiles liées aux GRB classiques et en conclut que cette étoile s’est transformée en étoile à neutrons un peu particulière car fortement magnétisée : une magnétar.

Paolo Mazzali conclut dans un article publié dans la revue Nature : « les propriétés de GRB 060218 suggérent l’existence d’événements moins lumineux que les GRB classiques, mais probablement beaucoup plus nombreux. En effet, ils allient émission en rayonx X et gamma et doivent être une forme courante dans l’univers, mais les limites instrumentales ne permettent que de les détecter localement » Pour mémoire GRB 060218 est le plus proche sursaut gamma jamais observé. Pour les astronomes, ces événements pourraient être 100 fois plus nombreux que les sursauts gamma typiques.

Sur ce cliché l’image de gauche a été prise par le DSS2 sous un filtre rouge et nous montre, entourée d’un cercle, la petite galaxie avant l’explosion. Celle de droite enregistrée par le VLT présente le flash lumineux de la supernova.

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source ESO

 

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Post scriptum

Un autre article sur le même sujet est paru dans le journal Nature signé par Alicia Soderberg du Caltech NASA. Il s’attache au même événement mais analysé entre autre dans la gamme des rayons X.

Fort heureusement la conclusion de l’équipe de Soderberg est la même !

Voici une vue d’artiste (M. Weiss) d’un magnétar :

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source Chandra

 

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30.8.2006

Vie et mort des étoiles selon AKARI

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 23:50

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La sonde japonaise AKARI (voir note du 22 mai 2006) continue son tour du ciel infrarouge. La JAXA (l’agence spatiale japonaise) et l’ESA (l’agence spatiale européenne) viennent de publier deux images montrant le travail d’AKARI.

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La première montre en fausse couleur la nébuleuse par réflexion IC 1396 située dans la constellation de Céphée, à 3000 AL de nous.

Voici à titre de comparaison une image prise en lumière visible à gauche juxtaposée à celle d’AKARI à droite.

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Le rayonnement de la jeune étoile centrale, d’une dizaine de masse solaire, illumine le gaz d’hydrogène ionisé. Son souffle chasse poussières et gaz tout autour d’elle, l’entourant d’une sorte de cocon très visible en infrarouge.Le bloc situé un peu à droite de l’étoile est très dense et a été dénommé « la trompe de l’éléphant » C’est dans de telles zones de la nébuleuse, entourées de rouge sur le cliché, que la prochaine génération d’étoiles va apparaître.

Si AKARI permet de découvrir les germes des nouvelles étoiles, il peut aussi nous dévoiler leur mort.

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Cette deuxième image nous montre une étoile géante rouge U Hydrae située çà 500 AL de nous dans la constellation de l’Hydre. C’est ainsi que notre soleil finira sa vie dans 5 milliards d’années.

La précision d’AKARI permet de mettre en évidence le nuage de poussières et de gaz qui l’entoure. Il s’étend jusqu’à 0,3 AL autour d’elle. Les astronomes ont ainsi pu calculer que U Hydrae a connu une période intense d’éjection de matière il y a environ 10 000 ans.

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Cette vue d’artiste nous montre une géante rouge expulsant sa matière. L’étoile, comme le fera notre soleil, enfle jusqu’ atteindre l’équivalent de l’orbite de la Terre et éjecte dans l’espace ses couches extérieures successives.

Source ESA, JAXA

 

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29.8.2006

Des nuages de hautes altitudes sur Mars

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 23:56

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En se servant des données recueilles par le spectromètre atmosphérique SPICAM installé sur la sonde Mars Express, une équipe de scientifiques menée par le français Franck Montmessin du CNRS a découvert les plus haut nuages jamais détectés par rapport à la surface d’une planète.

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SPICAM a remarqué la disparition de la lumière des étoiles juste avant qu’elles ne passent derrière l’horizon martien. En analysant l’atmosphère martienne SPICAM a pu définir une couche de nuages se formant temporairement à une altitude comprise entre 80 et 100 km. Ils ressemblent un peu aux nuages noctulescents visibles sur Terre (voir note du 29/05/2006) à une hauteur de 80 km. L’atmosphère de Mars étant bien plus raréfiée, cette hauteur correspondrait à une altitude de 35 km sur la planète rouge.

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Sur Mars à 90 – 100 km d’altitude la température est de l’ordre de – 193° . Les nuages ne peuvent être composé d’eau mais d’un dérivé du dioxyde de carbone, l’anhydride carbonique. SPICAM a résolu aussi le processus de leur formation en découvrant une toute nouvelle couche de poussières très fines dans la zone de 60 km d’altitude. Celle-ci provient probablement des débris de la destruction des météores en haute altitude et des tempêtes de poussières qui entourent périodiquement la planète entière. Ces grains de poussières seraient les noyaux de nucléation permettant la formation des nuages.

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Cette information est importante pour les futures missions martiennes qui devront en tenir compte dans leurs manœuvres de mise en orbite ou d’atterrissage.

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Ce cliché en vraies couleurs a été pris au crépuscule par le robot Mars Pathfinder en août 1997. Les nuages sont du même type que ceux découverts par SPICAM à une bien plus haute altitude.

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Source ESA

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28.8.2006

Mutch Crater, ou l’empreinte d’un géologue

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 23:23

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Situé par 0,6° N et 55,3 ° O, pratiquement sur l’équateur martien, large de 211 km, le cratère Mutch a été baptisé ainsi en l’honneur d’un pionner de la géologie planétaire : le géologue Tim Mutch. Il est l’auteur d’un livre de référence, la géologie de la Lune et fut chargé de l’interprétation des toutes premières images de Mars envoyées par les sondes Viking. Il décéda en 1980 en redescendant un des hauts sommets de l’Himalaya.

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La première vue est une combinaison de clichés pris par Mars Global Surveyor en 1999.

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Le deuxième cliché s’attache à un cratère plus petit compris dans l’enceinte du Mutch Cratère. Il n’a pas de nom. C’est une mosaïque d’images prises par la sonde Mars Odyssée.

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Enfin la troisième image est toute récente.Elle a été prise par Mars Global Surveyor le 23 août 2006 pour commémorer le 75 ème anniversaire de la naissance de Tim Mutch, le 26 août 2006. Les zones d’origines de ces grands glissements de terrain ainsi que les arêtes du cratère y sont bien visibles. De même que les fluctuations des matériaux sur le relief. A en juger par les quelques cratères que l’on peut dénombrer sur les flancs, comparé au nombre de ceux situés sur la cuvette du cratère, ces glissements de terrains sont arrivés bien après la création du cratère.

Source Malin Space Science Systems / JPL/ NASA

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27.8.2006

Aurores

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 22:25

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La flottille de satellites Cluster de l’ESA a permis de vérifier par leurs observations l’origine des aurores qui illuminent souvent les régions polaires de la Terre. Celles ci sont tributaires des sous-tempêtes magnétiques émises par notre Soleil. Une étude statistique menée par le docteur Jinbin Cao, CSSAR, Pekin, Chine, en collaboration avec des astronomes américains et européens, démontre que 95,5 % des sous-tempêtes sont accompagnées d’aurores sur Terre. Lors de ces sous-tempêtes le Soleil émet, pendant quelques heures, un flot de particules qui atteint la Terre à la vitesse de 300 km/s. Celles-ci se faufilent le long des lignes du champs magnétique terrestre qui nous protège. Outre des perturbations sur les ondes radio haute fréquence et GPS dans l’ionosphère, les électrons, à une hauteur de 100 km, produisent ces magnifiques luminescences lorsqu’ils rencontrent les particules atmosphériques. Elles sont principalement visibles dans les régions polaires, mais il arrive que lors de grosses tempêtes nous puissions les contempler jusqu’à nos latitudes.

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Ce cliché a été pris a une altitude de 400 km du bord de l’ ISS. La station spatiale internationale survolait le Canada. Au premier plan est visible le cratère d’impact Manicouagan.

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Cette image en fausses couleurs montre en ultraviolet une flambée d’aurores sur Terre. En rouge les plus lumineuses, en bleu les plus discrètes.

Source ESA

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26.8.2006

Galaxies elliptiques et trous noirs supermassifs

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 22:46

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GALEX est un petit satellite de la NASA fonctionnant dans la gamme de l’ultraviolet. Lancé en avril 2003 sa durée de vie initiale était de 29 mois, mais il continue sans souci ses observations.

Une équipe dirigée par le docteur Sukyoung K. Yi de l’Université Yonsei à Séoul en Corée a analysé les données récoltées par Galex sur plus de 800 galaxies elliptiques voisines de tailles diverses.

Jusqu’à présent les scientifiques se doutaient bien que la présence de trous noirs n’est guère favorable à l’éclosion de jeunes étoiles.

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Sur cette image l’artiste a représenté un trou noir super massif au centre d’une galaxie elliptique. La couleur bleue représente les radiations originaires du trou noir, le tore en gris est composé de gaz et de poussières, au-delà les vieilles étoiles qui composent la galaxie sont en rouge.

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Ce graphique est une synthèse des travaux présentés par le docteur Yi. Le cercle noir représente la taille du trou noir dans chaque galaxie, la couleur bleue représente les nouvelles étoiles détectées dans les galaxies, en rouge celles qui n’en ont pas.. La taille des trous noirs grandit proportionnellement à celle des galaxies jusqu’à un certain point critique. Au-delà de ce point les galaxies ne produisent plus de nouvelles étoiles.

Ce phénomène peut s’expliquer par plusieurs raisons. Les radiations du trou noir chassent les nuages du centre galactique, lieu où se forme la majorité des étoiles dans de telles galaxies, où, à l’inverse, le trou noir aspirant les nuages vers lui, ceux ci atteignent de telles températures qu’ils ne peuvent s’effondrer pour permettre une nouvelle génération d’étoile.

Bref, un trou noir ayant atteint une certaine masse empêche sa galaxie toute entière de croitre.

Source GALEX NASA

 

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25.8.2006

Opposition sur Saturne

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 22:48

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Voici deux clichés pris par la sonde Cassini le 23 juillet 2006 à une distance d’environ 262 000 km de Saturne. La résolution au niveau des anneaux est de l’ordre de 13 km par pixel.

Vous pouvez penser que le soleil est vu en transparence au travers des anneaux. Non, il s’agit ici d’un phénomène d’optique : le soleil se trouve exactement en opposition derrière la sonde. Les anneaux sont faits d’une multitude de particules qui projettent leurs ombres les unes sur les autres. A la perpendiculaire du soleil. Dans cette configuration, les ombres ne sont plus visibles mais le deviennent de plus en plus en s’éloignant du point central d’où l’impression de tache lumineuse diffuse. De plus le signal électromagnétique des rayons lumineux est augmenté car au lieu de se disperser il converge au point d’opposition.

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Opposition sur l’anneaux A, plan large

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Opposition sur l’anneau B, plan large

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Et pour terminer cette note voici un cliché pris lui le 25 juillet à une distance de 952 000 km de Saturne vue de sa face nocturne. Plan large.

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Bonne nuit.

Source Cassini