Du ciel et de la terre

30.11.2006

Nuages de Saturne

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 22:33

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Ce cliché a été pris le 30 octobre 2006 à l’aide d’un filtre spécial sensible à une certaine longueur d’onde infrarouge. La sonde Cassini se trouvait alors à 1,2 millions de kilomètres de Saturne; la résolution est de 7 kilomètres par pixel. Le soleil se trouvant bas sur l’horizon, les ombres projetées par les nuages sont visibles et un lèger flou rend l’impression de déplacement. Outre les ombres des nuages est notable un vortex en bas à gauche de l’image.

Source Cassini NASA

 

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29.11.2006

N49 de toutes les couleurs

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 23:07

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Les habitués de ce site savent que j’ai une prédilection pour deux galaxies satellites de notre Voie Lactée, les Nuages de Magellan, peut-être parce que probablement je ne les verrai jamais directement de mes yeux. D’autre part, j’aime aussi rechercher un peu ce qu’il y a derrière les clichés qui nous sont proposés par les agences spatiales. Bonheur, cette note-ci me permet de concilier ces deux intérêts.

Dirigeons-nous dans l’hémisphère Sud et plongeons notre regard vers le Grand Nuage de Magellan, situé à environ 160 000 années lumières de nous. L’objet N49 qui nous intéresse est une supernova, où plutôt les rémanents, les restes, que l’étoile en explosant à propulsé dans l’espace.

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Ce premier cliché a été enregistré par le télescope spatial Chandra qui regarde l’univers aux rayons X. La lumière bleue correspond aux gaz chauffés à plusieurs millions de degrés.

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Le deuxième cliché a été pris dans la gamme infrarouge par le télescope spatial Spitzer. Contrairement à l’habitude, la couleur rouge ne correspond pas aux poussières de la supernova, mais bien à ses gaz; ils sont moins chauds que ceux de l’image précédente.

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Cette troisième image a été prise elle dans la gamme du visible par le télescope spatial Hubble qui démontre la structure filamenteuse de N49 (en blanc et jaune)

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Et voici le bouquet final : l’image composite obtenue de la superposition des trois précédentes. Normalement les rémanents d’une supernova se propagent symétriquement dans l’espace. Pour N49 il est visible que dans toute la partie sud est la progression semble freinée par une zone plus dense de l’espace. Autre particularité de N49, l’étoile morte ne s’est pas transformée en « simple », mais en magnétar, une étoile à neutron fortement magnétisée qui tourne très rapidement sur elle-même et se déplace, depuis son explosion, à la vitesse fabuleuse de 1200 km/s.

Source principale : Chandra

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28.11.2006

flots de lave sur Olympus Mons

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 23:10

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Une nouvelle hypothèse vient confirmer la perte définitive de la sonde Mars Global Surveyor. Outre l’abscence totale de signal radio, lorsque la sonde Mars Reconnaissance Orbiter, a regardé dans la direction approximative de MGS, elle n’a rien vu, sinon deux points lumineux qui ne correspondent pas à l’emplacement d’étoiles. Bien sur, il peut s’agir d’artefacts sur les clichés, mais au vu des derniers renseignements transmis par MGS, ces points lumineux viennent étayer la thèse déjà envisagée de la désolidarisation d’un des panneaux solaires de la sonde. Dès son arrivée sur Mars, l’un deux était déjà fragilisé. Il est fort possible qu’il ait cédé au bout de 9 années de bons et loyaux services.

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Toujours est-il que je vous propose de survoler le flanc sud du plus grand volcan du système solaire : Olympus Mons. Ce cliché a été envoyé par MGS le 12 octobre 2006 par 13,8° N et 134,1° O. La largeur de l’image est de 3 km. Nous apercevons des coulées de lave s’étendant sur des champs de poussières et même au dessus d’un cratère au centre droit.

Pour mémoire Olympus Mons s’étend sur une superficie équivalente à celle de la France. C’est un point chaud permanent. La croûte martienne n’étant comme sur Terre soumise à la tectonique des plaques, les laves se sont accumulées au cours des milliards d’années. Le volcan culmine à 27 000 mètres mais son dénivelé est très doux, en moyenne 5%. Par contre ses falaises terminales sont abruptes, entre 6 et 7 km de hauteur, sauf sur le flanc sud où elles sont plus douces. Les dernières coulées recensées sont estimées être âgées de deux millions d’années, ce qui géologiquement parlant est relativement récent. Qui sait ? De nouvelles éruptions sont peut-être encore possibles…

Sources :

Futura Science

NASA/JPL/Malin

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27.11.2006

La pêche de l’ESPaDOnS

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 22:19

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oeuvre d’artiste David Aguilar (CfA) : plan large

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vue de la planète géante au travers des arches magnétiques de tau Bootis

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La découverte des premières exoplanètes à partir de 1995 laissa les astronomes décontenancés. Des planètes bien plus grosses que Jupiter orbitaient à des distances très proches de leurs étoiles. Nous avons la chance de pouvoir suivre au jour le jour les progrès de cette nouvelle branche de l’astronomie.

Les techniques évoluent et s’adaptent aux nouveaux besoins des chercheurs. Ainsi le télescope France-Canada-Hawaï est équipé d’un spectropolarimètre ESPaDOnS. Cet instrument vient de permettre une grande première scientifique. Pour la première fois a pu être mesuré le champs magnétique d’une autre étoile que celui de notre Soleil.

Tau Bootis, d’une masse solaire et demie, âgée d’un milliard d’années, se trouve à environ 50 millions d’années-lumière de nous dans la constellation du Bouvier. Son champs magnétique est à peine supérieur à celui du soleil mais plus complexe. Sa matière au niveau de l’équateur tourne 18 % plus vite qu’aux pôles et accomplit ainsi un tour de plus tous les 15 jours que le reste de la matière de l’étoile. Or Tau Bootis est accompagnée d’une planète géante de 4,4 masse jovienne (jupitérienne) qui orbite autour d’elle à une distance de 0,049 unité astronomique c’est à dire à peine 5% de la distance Terre-Soleil.

Les chercheurs se sont aperçus que la révolution de la « Jupiter chaude » autour de tau Bootis était synchronisée à celle de la matière équatoriale de l’étoile. Découverte qui vient concrétiser l’idée de la relation étroite entre les planètes géantes et la magnétosphère de leurs étoiles, à l’image de la tore magnétique reliant la volcanique Io à Jupiter.

Source principale : Observatoire de Paris

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26.11.2006

Au fond du Becquerel

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 23:37

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Les astronomes viennent de publier 31 nouvelles images enregistrées par la Sonde Mars Reconnaissance Orbiter. Parmi celles-ci j’ai choisi ce cliché montrant des dépots sédimentaires érodés au fond du cratère Becquerel situé par 21,4° N et 351,9 ° E. L’hémisphère nord martien connaît sa saison estivale.

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Faute de place, je vous invite à cliquer « ici » pour découvrir un détail de ce cliché en fausses couleurs. Attention l’image est de 17 millions d’octets. La résolution au sol est de l’ordre de 25 cm par pixel. Vous pourrez y découvrir les différentes strates de l’érosion laissées par le temps. Une telle finesse d’image fait le bonheur des géologues qui se posent bien des questions en l’examinant. Ils peuvent même reconnaître les galets arrachés d’une strate et déposés en contre-bas..

Ce processus d’érosion est visible au fond d’autres grands cratères martiens. Mais il est encore difficile d’affirmer si la sédimentation est due à des dépots maritimes ou aériens commes des cendres issues d’éruptions volcaniques par exemple. De même, l’érosion est-elle principalement d’origine liquide ou éolienne? Ah si les géologues pouvaient prélever quelques échantillons !

Le cratère Becquerel, d’un diamètre de 167 km, est par ailleurs, l’un des sites possibles d’arrivée pour le futur robot martien Mars Science Laboratory qui sera lancé par la NASA en 2009.

Source principale : HiRISE

Source secondaire : Flashespace

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25.11.2006

Pan dans les anneaux

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 22:51

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La petite lune Pan (26 kilomètres de diamètre) orbite au milieu de la division d’Encke large de 325 kilomètres dans le plan des anneaux de Saturne. Cette image a été prise le 27 octobre 2006 par la sonde Cassini alors qu’elle se trouvait à une distance de 285 000 kilomètres. La résolution est de 2 km par pixel.

Source : Cassini NASA

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24.11.2006

NGC 1313

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 23:57

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L’instrument FORS du Very Large Telescope situé au Chili nous offre cette image composite d’observations à différentes longueurs d’onde du coeur de la galaxie NGC 1313. Cette galaxie est située à 15 millions d’années lumière de nous dans la constellation du Réticule (le losange). C’est une galaxie spirale barrée dont l’aspect tourmenté nous fait penser à notre voisine, le Grand Nuage de Magellan.

Cette galaxie intrigue à plus d’un titre les astronomes. NGC 1313 fait partie du type de galaxies dit à « flambée d’étoiles » car le nombre de jeunes étoiles est 1000 fois supérieur à celui de notre Voie Lactée par exemple. Une telle poussée de croissance est en général issu d’une fusion ou d’une interaction gravitationnelle entre galaxies proches. Or NGC 1313 est isolée dans l’espace.

 

 

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Sur l’image suivante prise par le réseau Digital Sky Survey, NGC 1313 est vue dans son ensemble. Les bras de la spirale semblent déjetés de l’axe de la barre centrale et les nuages de gaz s’étendent loin autour d’eux. Par ailleurs le VLT démontre que l’axe de rotation de la galaxie se trouve à l’extérieur de la barre centrale. Enfin les sources les plus lumineuses en rayon X dans deux régions où se créent un grand nombre de jeunes étoiles sont soupçonnées abriter chacune un trou noir d’une centaine de masses solaires dans un système double d’étoiles (voir note du 22/11/2006 sur les trous noirs en rotation) Une telle masse dans un système double n’a aucune explication théorique.

Bref les mystères de NGC 1313 ont de quoi enflammer les esprits des astronomes !

Source ESO

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23.11.2006

un anneau voilé

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 23:33

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En opposition à la note d’hier, je me réjouis lorsque je peux voir les clichés envoyés par la sonde Cassini en pleine forme lors de ses périples autour de Saturne. Pour preuve ces “spoke” (traces de doigts) qui viennent diaprer l’anneau B de Saturne. Cassini le 17 octobre 2006 se trouvait alors à une distance de 2 millions de km de Saturne. La résolution est de l’ordre de 12 km par pixel.

 

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Source Cassini NASA

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22.11.2006

Mars Global Surveyor silence dans l’espace

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 23:56

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Pour continuer la note du 20/11/2006, la sonde Mars Reconnaissance Orbiter n’a pas réussi les 21 et 22 novembre à localiser Mars Global Surveyor qui ne répond plus depuis le 2 novembre. L’origine de la panne proviendrait du blocage du moteur de l’un des panneaux solaires de la sonde. Quelques essais de contact vont encore être tentés mais les scientifiques pensent que MGS n’a plus d’énergie et considérent la sonde comme perdue.

A l’origine son fonctionnement était prévu pour un voir deux ans, elle a été finalement active pendant 10 ans dans l’espace. MGS a envoyé plus de 240 000 clichés de Mars vers notre Terre. Alors en sa mémoire, quoique je pense que j’aurai encore l’occasion de présenter ici des photos prises par la sonde, j’ai pioché cette nuit, complétement au hasard, parmi les 240 000 vues, celle-ci, prise par la caméra grand angle MOC de la sonde.

 

 

Sources :

Malin Space Science Systems

Jet Propulsion Laboratory

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21.11.2006

de la vitesse de rotation d’un trou noir

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 23:52

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émission de rayons X autour d’un trou noir

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source David A. Aguilar (CfA) plan très large

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Dans l’Astrophysical Journal, Jeffrey McClintock et Ramesh Narayan du Harvard Smithsonian Center for Astrophysics (Cambridge, MA) viennent de co-signer un article présentant le résultat de leurs travaux sur la détermination de la vitesse de rotation d’un trou noir. Leur équipe se compose de Rebecca Shafee, département de physique d’université de Harvard ; Ronald Remillard, centre de Kavli pour l’astrophysique et la recherche de l’espace, MIT ; Shane Davis, université de la Californie, de Santa Barbara, et de Li de Li-Xin, Maximum-Planck institut pour l’astrophysique, Allemagne.

Il s’agit là d’une grande première et d’une prouesse technique. L’un des objets célestes les plus mystérieux reste le trou noir, résultat de l’effondrement sur elle-même d’une étoile de plus de 10 masses solaires. Si son noyau est suffisament dense, lorsque cesse son activité nucléaire, il implose (une supernova) provoquant l’effondrement de sa matière sur elle-même. La densité devient tellement énorme que même la lumière ne peut échapper à son attraction. Les trous noirs sont relativement courants dans notre galaxie mais difficilement repérables sauf s’ils font partie d’un système binaire.

Dans ces systèmes une étoile, par exemple semblable au Soleil, voit ses couches externes attirées par la gravité de son compagnon trou noir. Elles s’enroulent alors autour de lui pour former ce que l’on appelle un disque d’accrétion. L’endroit le plus proche du trou noir, avant que la matière ne soit engloutie en une milliseconde est nommé l’horizon d’événement, il se situe en général dans un rayon de 30 à 50 km du trou noir. Les gaz captifs au niveau de l’horizon d’événement sont surchauffés à des millions de degrés et émettent un rayonnement détectable aux télescopes sensibles aux rayons X.

L’équipe de McClintock et Narayan s’est attellée à l’étude de trois de ces systèmes binaires, dont plus particulièrement GRS1915+105 situé à 35 millions d’années lumière de nous dans la constellation de l’Aigle. Leur technique est basée sur les équations de la relativité générale proposées par Einstein. Les chercheurs ont spectographié la « lumière » des rayons X émis au niveau de l’horizon d’événement. Par de savants calculs ils peuvent en déduire la masse du trou noir, sa distance à la Terre, et c’est une grande première, ils ont pu déterminer la vitesse de rotation du trou noir. Dans ce cas GRS1915+105 a environ 14 masses solaires, la vitesse de la matière au niveau de l’événement d’horizon qui se situe à 25 km du trou noir (sur les 21 km minimum prévus par la théorie) est de 950 tours par seconde, soit 98% de la vitesse maximale possible.

Les chercheurs estiment que la vitesse de rotation d’un trou noir correspond à celle de l’étoile mère au moment de son implosion. Ils prévoient que leur méthode va pouvoir être appliquée aux autres systèmes binaires étoile-trou noir connus et que les résultats seront importants pour les astrophysiciens dans leur compréhension de l’émission de jets de particules à des vitesses proches de celle de la lumière et des sursauts gamma (des particules de très hautes énergies) associés à la présence des trous noirs.

Sources :

CFA

NASA : Exploring the Universe

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