La Lune semble avoir perdu de son mystère depuis que l’homme a posé le pied sur son sol. Mais il ne s’agit là que d’une impression. Si elle paraît avoir cessé toute activité volcanique depuis des milliards d’années, elle pourrait ne pas être aussi morte qu’on le croit habituellement.
Sous cet éclairage est paru le 9 novembre un article dans la revue Nature signé par Peter Schultz et Carlé Pieters, professeurs de géologie à la Brown University. Ils se sont intéressés à une formation géologique repérée par les astronautes du programme Apollo du fait de sa forme particulière, un D ou la marque d’un talon dans le sol. Ina, tel est son nom, de près de 2 kilomètres de long, est située par 19° N et 5° E dans un lac de lave volcanique durcie depuis longtemps : le lac de la félicité (Lacus Felicitatus).
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Les chercheurs relèvent trois faits inhabituels concernant INA.
Tout d’abord les arêtes d’Ina sont vives. Or normalement, au bout d’environ 50 millions d’années l’érosion due à la pluie de micrométéorites et au rayonnement cosmique estompe les reliefs lunaires.
Ensuite Ina est faiblement cratérisée. Les chercheurs n’ont dénombré sur la surface d’Ina ( 8 km²
que deux cratères de 30 m de diamètre. En toute logique, plus une surface est cratérisée, plus elle est ancienne.
Enfin, les couleurs de la zone sont très différentes de celle habituellement décelées sur la lune. Sur l’image suivante prise en fausses couleurs par le spectromètre de la sonde Clementine, les couleurs d’Ina sont aussi brillantes que celles des cratères d’impacts les plus jeunes.
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Or Ina n’est pas un cratère d’impact. Pour les chercheurs, il s’agirait d’une zone de dégazage lunaire. Elle n’est peut-être pas liée à un volcanisme actif, aucune trace d’éjection de magma n’est visible, mais plutôt à la remontée rapide de poches de gaz depuis le sous-sol. Celui-ci enfoui depuis des millions ou des milliards d’années aurait pu profiter d’un séisme pour remonter brutalement à la surface. Hypothèse d’autant plus vraisemblable, qu’Ina est situé à l’intersection de deux longues vallées appellées rilles sur Terre et qui sont associées à des zones géologiquement actives.
Peter Schultz note que depuis de nombreuses années des astronomes amateurs affirment avoir observé des éclairs et des lumières colorées sur la lune, observations toujours dédaignées par les astronomes professionnels pour qui la lune est inactive depuis longtemps. Les auteurs de l’articles pensent avoir trouvé au moins quatre zones similaires à celle d’Ina basées aussi sur des rilles et d’autres à leur proximité.
Le champs d’investigation lunaire s’élargit. Pour Schultz il serait bon qu’amateurs et professionnels unissent leurs efforts pour authentifier sa théorie. Si un éclair ne dure qu’une seconde, le panache de poussières déplacées lui peut perdurer une bonne trentaine de secondes, temps suffisant pour qu’un télescope professionnel alerté enregistre l’événement.
De telles zones vont aussi intéresser grandement les futures expéditions lunaires dont les robots, car si des gaz et de la vapeur d’eau peuvent être récupérés directement, ils seront précieux pour la future activité humaine lunaire.
Source principale : SCIENCE@NASA
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