L’appétit d’un trou noir mis en pleine lumière par GALEX
.
Dans un article paru le 10 décembre 2006 dans la revue Astrophysical Journal, Suvi Gezari chercheuse du Caltech, associée au Laboratoire d’Astrophysique de Marseille (CNRS), a présenté un travail décrivant pour la première fois toutes les étapes de l’absorption d’une étoile par un trou noir.
Leur outil d’observation a été le satellite GALEX de la NASA développé en collaboration avec le CNES et le CNRS. Il étudie le ciel dans la gamme des rayonnements ultraviolets. Leur cible : une galaxie elliptique sans nom située à quatre milliards d’années lumière de nous dans la constellation du Bouvier.
Chaque galaxie, explique Suvi Gezari, abrite en son coeur un trou noir supermassif. Souvent, comme celui situé dans notre Voie Lactée, ils sont « dormants » c’est à dire qu’ils sont difficiles à repérer n’émettant pas de rayonnements sauf lorsqu’il leur arrive d’ingérer une étoile de passage.
C’est ce rayonnement ultraviolet qui a été enregistré par GALEX qui continue de surveiller périodiquement la baisse de luminosité du flash émis par le trou noir finissant d’avaler les dernières miettes de l’étoile. GALEX devient donc un outil précieux dans l’avenir ( son espérance de vie est prévue jusqu’en 2010) ajoute Christopher Martin (Caltech) pour mieux comprendre l’activité des trous noirs et leur croissance dans l’histoire de l’univers.
Ce que confirme Bruno Milliard, co-auteur de l’article et directeur adjoint du Laboratoire d’Astrophysique de Marseille, ce résultat est le premier de ce genre alors qu’au départ GALEX était construit pour étudier dans la gamme ultraviolette favorable les processus de formation d’étoiles. GALEX, depuis trois ans, a mesuré plus de 30 millions d’objets célestes différents.
Mais ces longs calculs sont incompréhensibles pour nous. Cette vue d’artiste illustre le phénomène enregistré par GALEX.
.

.
.
L’étoile à gauche, semblable à notre soleil, s’est trop approchée du trou noir supermassif (plusieurs dizaines de millions de masses solaires). Sous l’effet de sa gravité, elle se distord (tache jaune au centre) pour finir par se briser en miettes stellaires. Les morceaux sont entraînés autour du trou noir dans un disque d’accrétion (anneau bleu clair à droite). Ils s’échauffent en émettant une lumière ultraviolette avant d’être définitivement happés par le trou noir. A noter, dans l’entourage immédiat du trou noir, la lumière en arrière plan est elle aussi distordue. Le trou noir agit comme une lentille gravitationnelle sur l’espace-temps, courbant et déformant le trajet de la lumière.
Sources :
.







































































