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La plupart des étoiles ne vivent pas en solitaire comme notre soleil mais dans des systèmes complexes d’étoiles. Les astronomes sont plutôt divisés sur les origines de tels systèmes. Pour les uns les étoiles naissent d’un même nuage en rotation, pour d’autres elles sont capturées au cours de rapprochements d’orbites.
Deux astronomes Jeremy Lim, (Institute of Astronomy & Astrophysics, Academia Sinica, Taipei, Taiwan) et Shigehisa Takakuwa (National Astronomical Observatory of Japan) ont publié un article sur ce sujet dans l’Astrophysical Journal du 10 décembre. Ils se sont intéressés à un objet dénommé L1551 IRS5 situé à 450 années lumière de nous dans la constellation du Taureau.
Ce nuage de gaz et de poussière renfermant des proto-étoiles est invisible aux télescopes optiques. Il a été découvert en 1976 dans le spectre infrarouge. Déjà en 1998 une étude menée grace au VLA (Very Large Array, au Nouveau Mexique, ( un radiotélescope formé de 27 antennes de 26 m de diamètre disposées en forme de Y , dont les deux branches ont chacune une longueur de 21 km et la base 19 km)) avait démontré la présence de deux jeunes étoiles en formation, chacune étant entourée d’un disque de poussière favorable à l’existence possible de futures planètes autour d’elles.
Lim et Takakuwa ont réexaminé L1551 IRS5 toujours à l’aide du VLA, dont les possibilités techniques ont été grandement accentuées depuis 1998. Les deux disques de poussières entourant les deux proto-étoiles sont alignés l’un par rapport à l’autre, et alignés aussi avec le nuage de gaz dont elles sont issues; leur mouvement orbital est de même similaire à celui du nuage de gaz primordial. Ce qui tend à cautionner la thèse de la fragmentation d’un nuage primordial en différents nuages plus petits dans lesquels se créent, par l’effondrement de la matière, les futures étoiles.
Mais les deux astronomes ont aussi découvert l’existence d’une troisième proto-étoile dont le disque de matière est mal aligné avec les deux autres. Lim et Takakuwa projettent de nouvelles études de L1551 IRS5. En attendant, ils supposent que le disque de la troisième étoile a été déformé par la gravité plus grande des deux autres. Il est possible que cette proto-étoile soit née plus loin que les deux autres et qu’elle ait été capturée.
En attendant les futurs résultats, l’objet L1551 IRS5 semble l’endroit idéal pour démontrer la coexistence possible des deux théories de formation des systèmes multiples d’étoiles : la fragmentation d’un nuage primordial et la capture d’étoiles par effet de gravitation.
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Sur les représentations ci-dessus l’artiste (Bill Saxton) représente les différentes étapes de la formation des proto-étoiles dans L1551 IRS5: le nuage primordial en rotation se fragmente pour former deux futures étoiles, une troisième (en rouge) plus petite, issue du même nuage ou de l’extérieur, vient s’incorporer au système binaire.

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Pour votre information, voici les documents scientifiques présentés par Lim et Takakuwa en résumé de leurs travaux. Pour le grand public, les vues d’artistes sont indispensables.
Source principale : NRAO
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