Du ciel et de la terre

9.12.2006

Petit et Grand Nuage de Magellan, étalons d’étoiles

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 23:11

.

Le fait de tenir un blog et non un site internet permet des libertés avec la présentation des sujets. La note originelle est parue sur le site de l’Observatoire de Paris et traite de la rotation rapide de certaines étoiles chaudes en fonction de leur métallicité. Elle est un peu compliquée et je vous invite à cliquer « ici » pour en savoir

plus.

Le sujet de l’étude des astronomes avait pour support des observations faites au Very Large Telescope de l’ESA au Chili avec le spectographe GIRAFFE. Ils avaient choisi comme étalon statistique des régions de nos galaxies voisines les Petit et Grand Nuage de Magellan.

Alors en ce samedi soir tout le plaisir est de partager cette vision de l’espace et de la multitude d’étoiles qui nous entourent. Le premier cliché nous dévoile une partie du Grand Nuage de Magellan, le deuxième une partie du Petit.

.

 

.

plan large

.

.

plan large

.

source Observatoire de Paris.

.

8.12.2006

Matière organique extraterrestre

Enregistré dans : de la pluie et du beau temps — jjb @ 23:01

.

Un article rédigé par Keiko Nakamura, scientifique du Johnson Space Center NASA, paru le premier décembre dans la revue américaine Science est passé pratiquement inaperçu dans l’actualité astronomique. Et pourtant, il nous ramène à une époque où notre soleil n’existait pas encore.

L’histoire immédiate débute le 18 janvier 2000. Un bolide vient de pénétrer l’atmosphère terrestre. Repéré rapidement par les satellites militaires américains, il est estimé avoir 5 mètres de large pour un poids de 200 tonnes.

.

 

.

Voici une photo montrant les traces de son passage dans le ciel canadien.

Le météorite va se désagréger en plus de 10 000 fragments dont quelques centaines seront retrouvés à la surface du lac gelé Tagish en Colombie-Britannique.

.

 

.

Très rapidement les échantillons seront prélevés et conservés dans de la glace pour éviter toute contamination terrestre.

Dès les premières analyses le météorite se révéle être un chondrite carboné de type rarissime, riche en carbone et en matières organiques.

Des scientifiques du Johnson Space Center ont réalisé de nouvelles études des échantillons recueillis.

.

 

.

photo R K Herd, commission géologique du Canada

.

Les globules organiques très fins trouvés au plus profond des coupes du météorite, et qui n’ont donc pu être apportés par son arrivée sur la Terre, se sont révélés avoir des compositions en hydrogène et en azote (leurs isotopes) très différents de ce que l’on trouve sur Terre. Ils se sont formés à des températures très proches du zéro absolu – 260 °, probablement dans le nuage moléculaire froid primordial qui a donné naissance à notre système solaire affirme Scott Messenger du JSC co-auteur de l’article.

Pour Mike Zolenski, minéralogiste et autre signataire de l’article, ce type de météorite est très fragile et se désagrège lors de son entrée dans l’atmosphère terrestre en poussières qui se répandent sur de larges surfaces au sol. De tels bombardements, lors des premiers âges de la Terre, ont pu apporter de l’espace, les matières organiques, les premières briques indispensables à la fabrication de la vie, conclut Keiko Nakamura.

sources principales :

Planétarium de Montreal

Johnson Space Center NASA

.

7.12.2006

Preuve d’une activité récente de l’eau sur Mars.

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 22:54

.

La recherche de l’eau est le St Graal de tous les astronomes préoccupés de l’existence d’une vie microbienne martienne.

 

La sonde Mars Express de l’ESA a déjà démontré la présence de réservoirs d’eau dans le sous-sol martien particulièrement au niveau des pôles. Les petits robots, eux, l’activité de l’eau dans l’histoire géologique de Mars.

 

Nous avons déjà eu plusieurs fois l’occasion sur ce site de visionner les ravines qui entaillent les flancs des cratères martiens, par exemple « ici ».

Des chercheurs de la NASA ont analysé certaines des photos prises par la sonde Mars Global Surveyor durant son périple de 10 ans autour de la planéte rouge. La récolte s’est révélée bénéfique. Outre la découverte de cratères d’impacts récents allant de quelques mètres à 148 m de diamètre, l’examen des clichés a permis d’identifier des écoulements d’eau « très frais », à la surface de Mars. Un article relatant ces découvertes paraîtra le 8 décembre dans la revue Science.

.

 

.

plan large

.

 

Ces deux photos ont été prises par la sonde Mars Global Surveyor portée maintenant disparue. La première en août 1999, la deuxième en septembre 2005. Il s’agit des flancs d’un cratère anonyme de la région de Centauri Montes situé par 38.7 degrés de latitude sud et 263.3 degrés de longitude ouest .

Les trois images suivantes ont été colorisées pour faire ressortir les détails en fonction des données de couleurs reçues par la sonde Mars Reconnaissance Orbiter et de l’altimètre de la sonde Mars Odyssey.

La première est une vue générale du cratère, les suivantes une mise en perspective pour apprécier les trajets de l’écoulement qui se poursuit sur plusieurs centaines de mètres.

.

 

.

plan large

.

.

plan large

.

.

plan large

.

Cette trace plus blanche sur la surface martienne ressemble fort à un écoulement d’eau provenant du sous-sol. Les ramifications semblent contourner certains obstacles, sans être suffisamment puissantes pour les entraîner avec elles.

C’est une grande première pour l’histoire de la découverte martienne.

Nous avons sous les yeux la preuve que de l’eau a coulé tout récemment ( moins de 7 ans) à la surface de Mars. Cette eau est certainement chargée en sels minéraux car elle provient du sous-sol. Pour quelles raisons a-t-elle resurgi à cet endroit ? Les scientifiques pensent qu’il s’agit peut-être d’un réchauffement du à l’ensoleillement et plus vraisemblablement à une différence de pression interne au sous-sol.

L’atmosphère martienne ne permet pas à l’eau de rester sous forme liquide. Deux hypothèses viennent se compléter pour expliquer cet écoulement. Celui-ci a été rapide, l’eau chargée en sels minéraux les a déposé sur le sol et, un peu à l’image de la lave sur terre, sa surface extérieure a gelé tandis que la masse liquide continuait de s’écouler sous sa protection solide.

Dans l’avenir, les instruments radar SHARAD de Mars Reconnaissance Orbiter (NASA) et MARSIS de Mars Express (ESA) vont combiner leurs possibilités techniques en scrutant le sous-sol de cette région, le premier jusqu’à 1 km de profondeur et 5 km pour le second.

Sources principales :

JPL NASA

ESA.

6.12.2006

MIRAVI

Enregistré dans : de la pluie et du beau temps — jjb @ 22:31

.

Pour une fois l’actualité du jour sera consacré à notre Terre.

L’Agence Spatiale Européenne (ESA) vient de mettre à la disposition du grand public un nouveau site internet complétement gratuit. Baptisé MIRAVI (acronyme anglais pour MERIS Images Rapid Visualisation), il nous offre les images prises par l’instrument MERIS installé sur le gros satellite ENVISAT d’observation de la Terre. Les clichés sont mis en ligne moins de deux heures après leur réception.

ENVISAT est fonctionnel depuis 2002. Il suit une orbite polaire à 800 km d’altitude qui lui permet de faire le tour de la Terre en trois jours. Ses nombreux instruments suivent l’évolution de la planète sur de nombreuses longueurs d’ondes. Pour le site, celles équivalent à la vision de l’oeil humain sont présentées. MERIS est sensible au rayonnement solaire reflété par la Terre, en hiver ils ne peut voir les zones arctiques car le soleil est trop bas sur l’horizon, par contre les zones antarctiques sont visibles. C’est bien sur l’inverse l’été.

Je me suis régalé à flotter comme le satellite au-dessus des mers de nuages et à tenter de percer leurs voiles pour examiner le sol en-dessous. La Terre est vivante et il est bon de pouvoir l’admirer au fil des heures . Dans l’avenir, si le ciel est dégagé, nous pourrons voir, par exemple, une grosse éruption volcanique vue du ciel. La résolution au sol est de l’ordre de 260 m par pixel. Outre le mode chronologique, il est possible de faire une recherche en communiquant les coordonnées géographiques de l’endroit désiré.

A titre d’exemple, voici un cliché pris aujourd’hui à 19h42 temps universel d’un arc de Terre allant du nord de l’Angleterre au Pays Baltes.

.

 

.

plan très large

.

 

Pour découvrir MIRAVI cliquez « ici »

Source ESAFrance

.

5.12.2006

sur les traces d’un esprit

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 23:27

.

Voici le pendant de la note du 3 décembre 2006.

Cette fois-ci la sonde Mars Reconnaissance Orbiter s’est intéressée à la zone d’investigation du petit rover Spirit. Spirit s’est posé le 3 janvier 2004 dans le cratère de Guzev, dépression de 170 km de large qui a peut-être autrefois abrité un lac. L’action se passe par 7,8° latitude Sud et 279,5° longitude Est. Mars Reconnaissance Orbiter a pris l’image générale le 29 septembre 2006 à 15h30 locale. C’est l’hiver dans l’hémisphère Sud martien. La sonde se trouvait à une altitude de 297 km ce qui donne à l’image de la caméra haute-résolution HiRISE une résolution de 29,7 cm par pixel. Autrement dit les objets de 85 cm de taille sont parfaitement visibles.

.

 

.

Ce premier cliché est une vue générale de la zone d’action de Spirit. Le cratère Bonneville a été examiné par le rover peu après le début de sa mission, Husband Hill est une grande colline que Spirit a parcouru de long en large pendant une bonne partie de son séjour de presque trois ans maintenant.

.

 

 

.

plan large

.

 

 

Sur l’image suivante, les rides et les plis du parachute posé sur le sol sont remarquablement nets. Le bouclier de protection arrière de la sonde, qui l’a protégé pendant les sept mois du voyage vers Mars, semble d’ailleurs relativement intact malgré son impact sur le sol martien.

.

 

 

.

plan large

.

 

 

Voici le lander ouvert et posé sur ses airbags dégonflés d’où Spirit s’est élancé pour son long périple sur Mars, Le cratère au nord-ouest du lander a été surnommé Sleepy Hallow par les membres de l’équipe au sol.

.

 

 

.

plan large

.

 

 

Sur cette quatrième image, est visible le bouclier de protection thermique de la sonde au bord du cratère de Bonneville.

.

 

 

.

plan très large

.

 

 

Enfin, sur ce dernier cliché, nous pouvons apercevoir Spirit sur sa position d’hivernage au sud-est de Home Plate. Home Plate est un plateau de roches superposées en couches que le rover a exploré pendant la première partie de sa troisième année martienne. Sont même visibles les traces du passage du rover sur la poussière qui recouvre le sol martien.

Source : MRO NASA

.

4.12.2006

Hinode : images solaires

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 22:53

.

Hinode (voir note du 05 11 2006) est pleinement opérationnelle. Dans une conférence de presse le 27 novembre les astronomes japonais et américains, ont présenté des films et des images haute résolution réalisés par la sonde.

Attention les yeux, voici quelques clichés pris dans différentes longueurs d’ondes caractéristiques de notre soleil.

Tout d’abord, voici les granulations qui ponctuent la surface solaire :

.

 

.

plan large

 

Ensuite une tache solaire :

.

 

 

.

plan large

 

Enfin une éruption à partir d’une tache solaire :

.

 

 

.

plan large

.

 

Source NAOJ Hinode

.

 

3.12.2006

Mimas

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 22:01

.

Pour compléter la note du 02/03/2006 voici un nouveau cliché pris par la sonde Cassini alors qu’elle se trouvait à 155 950 km de Mimas, satellite de Saturne, le 20 novembre 2006. L’image a été reçue sur Terre le 23. Elle n’est ni validée, ni calibrée, cela se fera courant 2007, mais je lui trouve beaucoup de charme, comme prise sur le vif, même si quelques pixels se sont perdus dans l’espace en cours de route.

.

 

.

Plan large

.

 

Source Saturn Today

.

2.12.2006

Le territoire d’Opportunity

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 23:55

.

 

.

plan très large

.

 

La caméra haute définition HiRISE de la sonde Mars Reconnaissance Orbiter a pris cette image le 14 novembre 2006 d’une altitude de 278 km. La zone couverte est située par 2° latitude Sud et 345,5 de longitude Est. La résolution sur le sol martien est de l’ordre de 25 cm par pixel. Meridiani Planum peut sembler bien terne au premier regard, et pourtant nos yeux sont fixés sur cette région depuis 3 ans. Car c’est en effet ici que s’est posé le petit robot Opportunity le 25 janvier 2004. Le petit cratère en haut au centre est Endurance autour duquel le robot est resté pendant presque dix mois en début de mission, celui du bas est le cratère Victoria, position actuelle du robot.

 

.

plan large

.

 

Le pouvoir de résolution de la caméra HiRISE permet cette vue exceptionnelle des détails de l’ « amarissage » d’Opportunity. A droite se situe le cratère Endurance.

.

 

 

.

plan large

.

 

Le cadre a nous permet de voir le parachute très lumineux posé sur le sol, ainsi que le « backshell » en forme de cône qui a protégé la sonde pendant tout son voyage.La différence de couleur à son côté traduit le labourage du sol lors de la chute de la protection.

.

 

 

.

plan large

.

 

Le cadre b lui nous montre le point d’impact de la sonde avec Mars. A sa droite le bouclier thermique de protection de la sonde, indispensable lors de son entrée dans l’atmosphère martienne, s’est brisé en deux morceaux en touchant le sol.. Opportunity, lors de son périple, est venu visiter le site.

.

 

.

plan large

.

 

A partir de son point d’impact, la sonde a rebondi et roulé sur ses airbags jusqu’à s’arrêter définitivement au fond du cratère Eagle (cadre c). Le lander est bien visible. Opportunity s’est élancé de ses rampes pour étrenner ses roues sur le sol martien. Il restera deux mois à explorer le cratère et ses effleurements rocheux avant de poursuivre pendant 3 ans sa route vers Victoria, la bien nommée.

Source principale : HiROC

.

1.12.2006

C6H – , trophée de chasse extraterrestre.

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 22:21

.

Nous avons pour habitude d’imaginer les astronomes en train de scruter derrière leurs télescopes galaxies, étoiles de toutes couleurs ou exoplanètes, autrement dit de gros objets. Mais leur champs d’investigation s’intéresse aussi à l’extrêmement petit. Pour preuve, dans l’espace, 130 molécules neutres et 14 chargées positivement ont déjà été dénombrées.

Aujourd’hui est paru dans The Astrophysical Journal Letters un article relatant la découverte de la première molécule chargée négativement (ou anion). Michael McCarthy du centre Harvard-Smithsonien pour l’astrophysique (CfA) et ses collègues Karl Gottlieb, Harshal Gupta et Patrick Thaddeus ont identifié la molécule C6H - , une chaine linéaire de 6 atomes de carbone terminée par un atome d’hydrogène et d’un électron libre. Connaissant la fréquence radio de la molécule, les astronomes l’ont retrouvée à deux endroits dans l’environnement de l’étoile IRC +10216 située dans la constellation du Lion à 500 années lumière de nous et aussi dans un nuage moléculaire froid TMC-1 qui se trouve dans la constellation du Taureau.

La découverte de C6H - est un beau trésor de chasse pour l’équipe de chercheurs. Cette molécule est bien plus grande que les autres découvertes précédemment. C’est ce qui lui a permis de survivre dans l’environnement interstellaire car les rayonnements ultraviolets cassent facilement les molécules chargées négativement. C’est donc le premier anion a avoir été découvert dans l’espace et ouvre la voie à la découverte d’autres différents dans l’avenir.

Par ailleurs l’étoile IRC +10216 a déjà fait l’objet d’études par le CfA. Plus massive que notre soleil (entre 1,5 et 4 fois) elle a brûlé plus vite son carburant et s’est déjà transformée en géante rouge. Dans notre système solaire, elle aurait enflé jusqu’à atteindre l’orbite de Jupiter. Or les télescopes ont enregistré une grande masse de vapeur d’eau ( 4 masses terrestres) dans son entourage. Les astronomes expliquent cette masse par la vaporisation de l’eau des milliards de comètes (et peut-être des planètes) qui l’entourent, échauffées par le rayonnement infrarouge de la géante. Si dans le visible IRC +10216 est très discrète, elle est un phare dans le ciel dans la gamme des ondes infrarouge.

L’image suivante est une vue d’artiste d’ IRC +10216 et de son environnement.

.

 

.

Sources :

CfA

Science NASA

.

« Page précédente

Développé par WordPress