Double occultation d’étoiles par Titan
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Je suis toujours sidéré, c’est le cas de l’écrire, par la précision des conclusions que peuvent déduire les astronomes d’une apparemment simple observation de l’alignement, vu de la terre, d’une étoile et d’une planète par exemple.
Ainsi Bruno Sicardy, de l’Observatoire de Paris, vient de publier un article dans le « Journal of geophisical research » consacré à ce phénomène astronomique typique. De temps à autre la lune de Saturne, Titan, passe devant des étoiles situées en arrière-plan. C’est l’occultation. Mais cette fois-ci le phénomène était nettement plus rare car il s’est produit à deux reprises en quelques heures le 14 novembre 2003. Bruno Sicardy a monté deux expéditions pour suivre l’événement. La première occultation a eu lieu juste après minuit, visible de l’Océan Indien et de la partie méridionale de l’Afrique ; la deuxième, six heures et demie plus tard, de l’Europe et de l’Amérique du Nord et Centrale.
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Occultation d’étoile par Titan, vue d’artiste : C Carreau crédits : NASA/JPL/Space Science Institute/ESA
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L’intérêt de ce phénomène en ce qui concerne Titan tient dans le fait que cette plus grosse lune de Saturne possède une atmosphère épaisse. La lumière de l’étoile en arrière plan disparaît progressivement. Lors de l’occultation totale, un flash lumineux se produit. En ce qui concerne Titan, au vu de son observation par les différents télescopes, celui-ci n’était pas homogène. Le disque atmosphérique au niveau du pôle Nord, était aplati. Ce qui s’explique car, à ce moment, Titan avait son pôle Sud dans la direction du soleil. L’atmosphère réchauffée se dirige vers le nord de la lune où elle se refroidit et redescend vers la surface.
Autres découvertes pour Sicardy et son équipe : l’existence d’un vent rapide, analogue au jet stream terrestre, autour de 50 ° de latitude nord, faisant le tour de la planète en presque 24 heures, à la vitesse de 720 km/h ! Et aussi la présence de pics venteux à une altitude de 510 km dus à de brusques changements de températures.
14 mois plus tard, le module Huygens mesurait lors de sa descente vers le sol de Titan des données correspondantes. La concordance de ces deux expériences est d’ailleurs en cours pour affiner notre connaissance de l’atmosphère de Titan, données complétées par celles accumulées par Cassini lors de ses différents survol de Titan.
Source principale : ESA
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