Du ciel et de la terre

20.8.2007

Rayons X : sept mercenaires et un chef de bande tout proche

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 22:21

.

Crédit image : Casey Reed, PennState

.

Plan large : 1 280 x 1 111 pixels

.

Vue d’artiste d’une étoile à neutrons

.

Crédit image : Casey Reed, PennState

.

Les étoiles à neutrons sont assez souvent évoquées dans l’actualité astronomique. Une étoile à neutrons est le coeur survivant d’une étoile après qu’elle ait explosé en supernova. Ses restes sont tellement compressés que la matière n’y subsite qu’à l’état de neutrons dans un volume d’une douzaine de kilomètres. Une cuillère à café de cette substance pèse jusqu’à 10 milllions de tonnes.

.

Plus de 1 700 étoiles à neutrons ont déjà été répertoriées dans la Voie Lactée, elles font partie de systèmes d’étoiles binaires. Seulement 7 ont été découvertes esseulées (sans compagnon) dans l’espace. Surnommées « Les 7 Mercenaires » par analogie avec le film américain « the Magnificent Seven » elles vont devoir faire place à un huitième membre si les résultats des travaux d’une équipe d’astronomes, à paraître dans l’Astrophysical Journal, sont corroborés. L’article a pour principaux auteurs Robert Rutledge (Université McGill, Montreal, Quebec) ainsi que Derek Fox et Andrew Shevchuk (Université de Pensylvanie, USA).

.

Avec humour, les astronomes ont baptisé la nouvelle venue, Calvera, le nom du chef des hors la loi dans le même film.

.

A l’origine de la découverte, Rutledge a comparé 18 000 sources de rayons X enregistrées par le satellite allemano-américain ROSAT (qui a fonctionné de 1990 à 1999) aux catalogues correspondants, en lumière visible, infrarouge et radio. Une source, 1RXS J141256.0+792204 , s’est avérée n’avoir jamais été repérée dans aucune autre longueur d’onde.

.

Les astronomes ont alors, en août 2006, pointé le satellite spatial rayons X, SWIFT de la NASA vers la source étrange située dans la Constellation de la Petite Ourse. Elle était toujours là; isolée dans l’espace, sans grande variation d’émission de rayons X par rapport aux données enregistrées par ROSAT.

.

D’autres télescopes ont été mis à contribution, comme le Gemini à Hawaï ou Chandra qui voit l’objet comme un point unique.

.

Selon toute probabilité, Calvera est bien une étoile à neutrons, mais qui curieusement n’a aucune contrepartie dans le domaine visible. Pour Rutledge, il s’agit là d’un type peu commun d’étoile à neutron, voire, peut-être, le représentant d’une toute nouvelle sorte d’étoile à neutrons non encore prévue par la théorie.

.

La détermination de la position exacte de Calvera est difficile. Cette étoile, avant de finir en supernova, a certainement voyagé dans le disque galactique. Toujours est-il que les calculs ont apporté une autre surprise aux astronomes. Elle est située entre 250 et 1 000 années lumière de nous, ce qui fait d’elle l’étoile à neutron la plus proche de nous connue !

.

Elle est donc une cible de choix pour de futures observations. Le satellite spatial Chandra a déjà été réservé pour une observation longue et attentive de Calvera.

.

Et Derek de conclure : Calvera représente le bout de l’iceberg dans le domaine des étoiles à neutrons. Il pourrait facilement y avoir des douzaines d’étoiles de ce type, répertoriées en X par ROSAT, mais sans contrepartie dans le domaine visible.

.

Source principale : PennState University

 

.

19.8.2007

NGC 5044, des poussières en enfer

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 22:35

.

Vue d'artiste ; Crédit image : NASA, JPL-Caltech, R Hurt (SSC)

.

Plan large : 1 024 x 819 pixels

.

Plan original : 3 000 x 2 400 pixels

.

Vue d’artiste ; Crédit image : NASA, JPL-Caltech, R Hurt (SSC)

.

Les galaxies spirales comme notre Voie Lactée, connaissent en permanence, même si le rythme s’atténue au cours des milliards d’années, de nouvelles générations d’étoiles. Il n’en est pas de même pour les galaxies elliptiques (en forme de disque) qui ne contiennent pratiquement que de vielles étoiles. Ces galaxies géantes résultent de la fusion de plusieurs grandes galaxies et sont arrivées à maturité lorsque l’équilibre des forces gravitationnelles est atteint. Souvent, elles contiennent en leur centre un trou noir supermassif.

.

Pour que des étoiles naissent, les nuages primordiaux de gaz et de poussières qui se contractent doivent être froids. Or dans les galaxies elliptiques, les rayons X enregistrent d’énormes degrés de chaleur dans les nuages de gaz les entourant. Pourquoi ces nuages, pourtant éloignés des étoiles surchauffées, ne refroidissent pas ?

.

Une équipe constituée par les Dr Pasquale Terni (NASA AMES Research Center et Institut SETI), William Mathews ( University of California, Santa-Cruz), et Fabrizio Brighenti (Université de Bologne, Italie), utilisant le télescope spatial infrarouge Spitzer vient de faire une découverte permettant peut-être d’en donner une explication. Le résultat de leurs travaux est en cours de parution dans l’Astrophysical Journal.

.

Pour la première fois, les astronomes ont découvert grace à la sensibilité de Spitzer, des poussières dans les gaz chauds ( 10 millions de degrés Celsius !) entourant une galaxie elliptique, NGC 5044, un des membres de l’amas galactique de la Vierge. C’est une surprise car comment des grains de poussières peuvent-ils survivre comme « des flocons de neige en enfer » commente Mathews.

.

Déjà des nuages de poussières avaient été mis en évidence sous l’oeil de Hubble, près des centres galactiques. Les astronomes pensent que les grains de poussières surchauffés, en particulier, ceux happés près de l’horizon des trous noirs supermassifs, retransmettent leur chaleur aux nuages de gaz environnants. Ce phénomène serait de très grand rendement énergique, d’environ un milliard de fois la taille du trou noir. Si par exemple le trou noir avait la taille d’un être humain, le réchauffement du gaz alentour induit par les poussières s’étendrait jusqu’à la lune !

.

Les poussières vues par Spitzer, sont donc les fumées surchauffées par rétroaction de l’activité du trou noir supermassif. Dans un tel environnement, les nuages de gaz exacerbés, ne peuvent se refroidir, et se contracter pour donner naissance à de nouvelles générations d’étoiles.

.

Source : Spitzer Space Telescope site NASA

 

.

18.8.2007

Trois d’un coup

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 22:05

.

Pour accompagner la sérénité nécessaire de cette fin de semaine, je vous propose ce sujet de contemplation ou de méditation astronomique. La sonde Cassini se trouvait, le 2 juillet 2007, juste dans le plan des anneaux de Saturne, à une distance de 2,2 millions de kilomètres de la géante gazeuse.

.

Sur un seul cliché s’alignent trois des satellites de Saturne. De droite à gauche : Téthis, partiellement surexposée, d’un diamètre de 1 071 km avec son énorme cratère Ulysse, puis au-dessus des anneaux Epimetheus (116 km de diamètre), et, juste en dessous, Pandora (84 km de diamètre).

.

La mécanique céleste, quelques fois si difficile à imaginer, est en elle-même source de beauté et d’étonnement, lorsque le « hasard » des prises de vues permet ces mises en perspectives insolites.

.

Ce cliché est offert par CICLOPS à la connaissance du public sans avoir été calibré, ce qui se fera certainement l’année prochaine. J’ai employé les guillemets à propos du terme hasard, car en réalité, les scientifiques du CICLOPS, connaissant très précisément la trajectoire de Cassini, programment au jour le jour, le travail de prise de vue de Cassini en fonction des opportunités à saisir et des programmes d’observations scientifiques en cours. Le délai de transmission des signaux provenant de la Terre vers la sonde, quand elle ne se trouve pas derrière Saturne, étant d’environ une heure, il est bien sur impossible de réaliser des « directs »

.

Crédit image : NASA, JPL, Space Science Institute

.

Plan large : 809 x 572 pixels

.

Crédit image : NASA, JPL, Space Science Institute .

.

Source : CICLOPS

.

17.8.2007

Sur la trace des dust-devils

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 22:31

Curieusement, cette période estivale voit la publication de beaucoup d’articles très denses sur l’actualité astronomique dans les revues scientifiques. Rien que pour aujourd’hui, j’ai découvert deux nouvelles parutions d’études issues de l’analyse d’observations menées par les grands télescopes comme Gemini sur Terre ou Spitzer dans l’espace.

.

Mais, délaissant les sujets ardus comme celui d’hier, je préfère, ce soir, en guise de récréation, revenir à mes chouchous : les dust devils.

 

Par ailleurs, je viens de lire, ces derniers jours, sur un site américain, (NewScientistSpace), un article qui m’a fait chaud au coeur. J’ai depuis longtemps imaginé que ces tourbillons de poussières étaient les véritables habitants de Mars, élaborant pour le plaisir, et dans ma tête uniquement, un projet de nouvelle allant dans ce sens. Qu’elle ne fut pas ma stupeur de découvrir dans cet article la même idée mais reprise de manière beaucoup plus « sérieuse ». J’aime beaucoup quand l’imagination des scientifiques s’emporte et nous fait rêver. Bien sur, il n’y a aucune forme de conscience dans cet évènement météorologique martien, n’empêche que…

.

Alors, voici un cliché pris par la caméra haute résolution HiRISE, installée sur la sonde Mars Reconnaissance Orbiter, le 6 juin 2007, par 57,9° de latitude sud et 65,5° de longitude est.

.

Crédit image : NASA, JPL, University of Arizona

.

Plan large : 2 048 x 5 746 pixels (2,2 MB)

.

MRO survolait la région de Hellas, située sur l’hémisphère sud martien. Cette grande plaine est ponctuée de dépressions qui peuvent s’emboiter les unes dans les autres. Les scientifiques estiment qu’elles sont dues à la sublimation des terrains situés sous la surface (riches en glaces intersticielles) directement en gaz sous l’effet de l’ensoleillement, provoquant l’affaissement des couches superficielles du sol.

.

Ce processus serait toujours d’actualité sur Mars. Des dépressions similaires sont visibles autour de 55° de latitude aussi bien dans l’hémisphère sud que dans l’hémisphère nord martien. Les différences de degrés dans l’angle de l’ensoleillement expliquerait aussi la disparité des pentes, plus abruptes au nord des dépressions que sur leurs autres bords.

.

Crédit image : NASA, JPL, University of Arizona

.

Détail de l’image précédente, plan large : 1 152 x 864 pixels

.

Enfin, cerise sur le gâteau : les stries qui semblent former la toile de fond de l’image, sont en réalité les traces de passages de dust-devils. Les tourbillons de poussière creusent la poussière brillante superficielle pour laisser apparaître les terrains sous-jascents plus sombres. Certaines enjambent même les dépressions.

.

Au nombre de stries visibles, il est facile de constater l’attrait des dust-devils pour cette région. Pour le reste, je vous laisse imaginer toutes sortes de scénarii possibles quant à sa raison ! :)

.

Crédit images : NASA, JPL, University of Arizona.

.

Source : HiRISE

 

.

16.8.2007

Les mystères d’Abell 520

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 22:47

.

Voici presque un an de cela (voir note du 22 août 2006), était paru un article, démontrant indirectement l’existence de la matière noire, cette mystérieuse matière non baryonique (qui n’est pas composée de la matière « normale ») et sans laquelle l’univers se disloquerait. En observant l’amas galactique 1E 0657-56, une collision entre deux sous-amas avait mise en évidence la séparation de la matière noire et de la matière baryonique, sous l’effet colossal des forces en présence.

.

Une équipe d’astronomes utilisant le télescope spatial rayons X Chandra et différents télescopes terrestres comme le CFHT et le Subaru à Hawaï vient de réaliser une observation similaire mais avec des conclusions bien plus troublantes. Les travaux, signés par Andisheh Mahdavi, Hendrik Hoekstra, Arif Babul, David Balam de l’Université Victoria en Colombie Britannique, et Peter Capak du Caltech, seront publiés dans l’édition du 20 octobre de l’Astrophysical Journal.

.

L’action se passe à environ 2,4 milliards d’années lumière de nous dans la constellation d’Orion dans un énorme amas galactique, dénommé Abell 520. Ici aussi deux sous-amas sont entrés en collision.

.

Crédit image : NASA, CXC, Uvic, CFHT, A Mahdavi et autres

.

Plan large : 792 x 600 pixels

.

Crédit image : NASA, CXC, Uvic, CFHT, A Mahdavi et autres

.

L’image ci-dessus est composite. Le rose-rouge correspond à la présence du gaz chaud détecté par Chandra, le jaune-orangé à la lumière visible des étoiles et des galaxies vue par le CFHT et le Subaru, le bleu à la présence de la matière noire calculée par ces même deux télescopes en observant les subtiles distorsions gravitationelles de la lumière visible.

.

Un amas galactique est constitué principalement de matière visible (les galaxies et les milliards d’étoiles qu’elles contiennent), de gaz très chaud détecté dans les rayons X, et d’une énorme quantité de matière noire. Traditionnellement, celle-ci est considérée être étroitement reliée à la matière physique, sa force gravitationnelle permettant la pérénité de l’ensemble.

.

Comme pour 1E 0657-56, la collision de deux sous-amas dans Abell 520 distant le lien entre matière baryonique et matière noire. Déjà , une telle observation, remet en question bien des théories sur la répartition de la matière dans l’Univers.

.

Illustration collision des sous-amas : crédit NASA, CXC, M Weiss

.

Plan large : 612 x 792 pixels

.

Illustration collision des sous-amas : crédit NASA, CXC, M Weiss

.

Le shéma ci-dessus nous permet de visualiser les résultats de la collision en haut pour Abell 520 et en bas pour 1 E 0657-56 (bullet cluster). La matière noire (en bleu) a continué d’avancer dans l’espace, plus rapidement que pour la matière baryonique (les gaz chauds en rouge). Les zones entourées correspondent à des détails analysés dans le texte original.

.

Comme pour 1 E 0657-56, il y a nette séparation entre les zones où se trouvent les amas galactiques (2 et 4) et la zone où se trouve rassemblée la majeure partie du gaz chaud (3). Par contre, à la différence de 1 E 0657-56, une concentration de matière noire est trouvée près de la zone de gaz chaud (3) où très peu de galaxies sont localisées. De plus, la zone 5 montre une concentration de galaxie où la matière noire est quasiment absente, contrairement à la zone 1.

.

Pour résumé dans le cas d’ 1 E 0657-56, malgré les forces extraordinaires mises en présence, les galaxies et la matière noire sont restés globalement solidaires. Pour Abell 520 la situation est beaucoup hétérogène, il arrive que matière noire et galaxies soient séparés.

.

C’est la première fois qu’une telle observation est réalisée, et par là-même, outre la remise en question des anciennes théories déjà ébranlées par l’observation d’ 1 E 0657-56, s’ouvre la voie à l’apparition de nouvelles. Les auteurs en ébauchent en particulier une dans leur article. Si la matière noire semble liée par les forces gravitationnelles classiques, elle le serait aussi par une toute nouvelle force encore complètement inconnue et ne dépendant que de la matière noire elle-même.(Note personnelle, on peut imaginer le remue-méninge à venir dans la tête des théoriciens et des spécialistes de la physique fondamentale)

.

Toujours est-il que dans l’espoir d’en apprendre un peu plus sur les mystères d’Abell 520, les scientifiques ont programmé une nouvelle campagne d’observation de l’amas galactique par Chandra et par le télescope spatial Hubble.

.

Source : Chandra X Ray Observatory

.

15.8.2007

Les merveilles de Mira

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 23:14

.

Mira est une étoile bien connue des astronomes depuis déjà 400 années. Cette géante rouge est située dans la constellation de la Baleine, à 350 années lumière de nous. Elle a un compagnon, une naine blanche, le reliquat d’une étoile ayant passé le stade de géante rouge, avec qui elle danse tranquillement, sur une orbite durant 500 ans. C’est une étoile variable périodique, c’est à dire que son éclat augmente d’un facteur 1 500, jusqu’à devenir visible à l’oeil nu, tous les 332 jours.

.

Mira a pour racine latine le mot merveille. L’enchantement continue, car les astronomes travaillant sur le télescope spatial ultraviolet GALEX, ont été émerveillés quand ils ont découvert les clichés de Mira pris par le satellite.

.

Crédit images : NASA, JPL-Caltech, C Martin (Caltech) et M Seibert (OCIW)

.

Plan large : 1 024 x 819 pixels

.

Plan originel : 3 000 x 2 400 pixels

.

Crédit images : NASA, JPL-Caltech, C Martin (Caltech) et M Seibert (OCIW)

.

Sur cette mosaïque des clichés de Galex apparaît pour la première fois une immense queue cométaire. La découverte fait l’objet d’une publication aujourd’hui dans la revue Nature. L’article est signé Christopher Martin, du Caltech et responsable principal de la mission GALEX.

.

Mira laisse dans son sillage (elle avance de la gauche vers la droite) cette queue de matière s’étendant sur l’énorme distance de 13 années lumière ! L’éjection de matière dans l’espace est normal pour une géante rouge. L’étoile en fin de vie expulse les différentes couches qui l’entourent. Elles forment de magnifiques nuages autour de l’étoile, les nébuleuses, que nous avons souvent l’occasion d’admirer ici. Les astronomes ont calculé que Mira éjectait tous les 10 ans une masse de matière équivalente à celle de la Terre.

.

Mais ce qui est exceptionnel pour Mira est sa vitesse de déplacement dans l’espace : 130 km/s soit un peu plus de 450 000 km/h ! Cette vitesse est certainement due à une interaction gravitationnelle avec d’autres étoiles qui l’a expulsé loin de son lieu de naissance.

.

Sur l’encart ci-dessus est visible une onde de choc se formant en avant de l’étoile, identique dans le principe, aux vagues se formant à l’avant d’un bateau en mouvement. Les matières éjectées par l’étoile viennent heurter et se frotter à celles de l’espace interstellaire. Elles forment un arc de cercle, l’onde de choc, et en se réchauffant deviennent visibles au regard extrêmement sensible dans l’ultraviolet de GALEX. Ces processus chimiques et thermiques ne sont que difficilement détectables dans les autres longueurs d’ondes, ce qui explique pourquoi aucun autre télescope n’avait encore aperçu la queue de Mira.

.

Les astronomes étudient le sillage de Mira très attentivement, dans l’espoir d’y reconnaître les différentes étapes de la vie de l’étoile, ainsi que la manière dont elle, comme ses congénères, réensemence l’espace en matériel plus lourd que l’hydrogène, permettant la génération de futurs systèmes solaires.

.

Cette découverte est purement fortuite. Depuis 4 ans GALEX, réalise une étude complète du ciel dans la gamme des ultraviolets, et comme toujours dans ce genre de recherche, la collecte des résultats apporte son lot de surprises. Des chercheurs français du CNES (Centre National d’Etudes Spatiales) participent depuis son origine au programme GALEX, supervisé par la NASA.

.

Source : GALEX (Galaxy Evolution Explorer) site NASA

.

14.8.2007

Saturne l’envoutante

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 22:25

.

Comment résister à la beauté des mondes de Saturne ?

.

Crédit image: NASA, JPL, Space Science Institute

.

Plan large : 1 018 x 642 pixels

.

Crédit image : NASA, JPL, Space Science Institute

.

Ce cliché a été pris par la sonde Cassini le 8 juillet 2007 à une distance d’environ 2,9 millions de kilomètres de Saturne au travers de différents filtres retenant la lumière infrarouge. Cassini se trouve juste dans le plan des anneaux qui apparaissent comme une mince ligne

.

Sur la droite de l’image est visible Rhea (1 528 km de diamètre) et à gauche Encelade (505 km de diamètre) . Les grandes raies noires s’étalant sur l’hémisphère nord de la géante gazeuse sont l’ombre portée des anneaux.

.

Source : CICLOPS

.

13.8.2007

Je veux des étoiles filantes

Enregistré dans : de la pluie et du beau temps — jjb @ 22:02
.
Crédit image ESA
.

Plan large : 1019 x 797 pixels, crédit image : ESA

.

Pour tous ceux qui, comme moi, ont levé les yeux vers le ciel cette nuit, (celle du 12 au 13 août) et n’ont aperçu pour toute lumière que celle des éclairs accompagnant l’orage, ou un ciel voilé, voici un cliché pris par des astronomes en pleine campagne d’observation.

.

L’appareil photo est très particulier, il a été testé pour l’occasion. Cette caméra, du nom de SPOSH (Smart Panoramic Optical Sensor Head), a été conçue pour pouvoir observer, lorsqu’elle sera installée sur les sondes spatiales, la face nocturne des planètes ou les météores spatiaux.

.

Crédit image ESA

.

Plan large : 1024 x 768 pixels, crédit image : ESA

.

D’une extrême sensibilité et d’un très grand champ angulaire, la caméra a enregistré une trentaine de Perseïdes pour une durée totale d’observation de 4 heures. Rappellons que le pic de météores était prévu, malheureusement pour nous, dans la journée du 13.

.

Le cliché ci-dessus représente une durée d’observation d’une demie heure avec des temps de pause de 2 secondes chacun. Le point central n’est autre que l’étoile polaire, autour de laquelle tournent, laissant une trace en arc de cercle, les étoiles. Les stries croisant le chemin des étoiles sont bien sur les traces lumineuses laissées par les Perséïdes.

.

Un des appareils photo était équipé d’un analyseur de spectre lumineux permettant de connaître la composition chimique des météores. De plus, par des calculs de triangulation, les sites d’observations étant situés en Allemagne et en Autriche, les astronomes ont pu calculer les trajectoires des météores dans l’atmosphère, et, par-là, leurs orbites avant qu’elles n’y pénétrent.

.

Résultat des calculs, si la trajectoire des orbites des poussières correspond bien grosso-modo, à celle de la comète Swift-Tuttle, qui vient nous visiter tous les 130 ans, (son dernier passage remonte à 1992), elles en différent légèrement. L’analyse de ces différences est précieuse, car elle permet d’apprécier l’influence gravitationelle des planètes ou celle du vent solaire sur les poussières, mais aussi sur les processus d’éjections des poussières par la comète.

.

Si une de ces nuits, des essaims de météores se produisent périodiquement tout au long de l’année, vous apercevez une étoile filante, imaginez le chemin extraordinaire parcouru par ces particules de poussières semées par des comètes circulant dans notre système solaire depuis ses premiers âges, et n’oubliez pas de faire un voeu !

.

Source : ESA Space Science

.

12.8.2007

La plus grande exoplanète jamais découverte

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 22:21

.

Les découvertes d’exoplanètes se succèdent au fil du temps et l’étonnement des scientifiques ne faiblit pas. Pour preuve, la dernière exoplanète a avoir été identifiée par une équipe internationale d’astronomes.

.

L’annonce a été faite dans un article à paraître dans l’Astrophysical Journal. Il est signé par Georgi Mandushev et Edward Dunham du Lowell Observatory; Francis T. O’Donovan et Lynne Hillenbrand du California Institute of Technology; David Charbonneau, Guillermo Torres, David Latham, Gáspár Bakos, Alessandro Sozzetti, et José Fernández du Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics; Mark Everett et Gilbert Esquerdo du Planetary Science Institute; Markus Rabus et Juan Belmonte du Instituto de Astrofísica de Canarias à Tenerife, Espagne; et Timothy Brown du Las Cumbres Observatory Global Telescope.

.

TrES 4, tel est son nom, a été mise en évidence par un réseau de petits télescopes installés en Arizona, en Californie et aux iles Canaries. Son transit, (les télescopes mesurent la baisse de luminosité de l’étoile lors du passage de la planète devant elle par rapport à nous), a été confirmé, entre autres, par l’Observatoire du Caltech au Mont Palomar et par le Keck à Hawaï.

.

Voici les données étonnantes calculées par les astronomes : TrES 4 est la plus grande des exoplanètes découvertes à ce jour. Ce n’est pas un soleil raté, (une naine brune). Son volume est de 70 % plus grand que celui de Jupiter mais elle est moins massive, sa densité étant seulement de 0,2 grammes par centimètre cube, soit équivalente à celle du balsa, commente Georgi Mandushev.

.

Située à 1 400 années lumière de nous dans la constellation d’Hercule, elle tourne autour de son étoile, GSC 02620-00648, en trois jours et demi, à une distance d’un peu plus de 7 millions de km d’elle. (Pour mémoire, la distance moyenne Terre-Soleil, est de 150 millions de km, (une unité astronomique). TrES 4 est bien sur du type « Jupiter chaud » avec une température d’environ 1300 ° Celsius.

.

Crédit image : Jeffrey Hall, Lowell Observatory

.

Plan original : 1 145 x 640 pixels

.

Crédit image : Jeffrey Hall, Lowell Observatory

.

Sur la vue ci-dessus, l’artiste a fait figurer une queue cométaire derrière TrES 4. En raison de la faible gravité de la planète par rapport à sa taille, elle perd une partie de ses couches externes lors de son orbite autour de son étoile.

.

Du même âge mais plus grande que notre soleil, GSC 02620-00648, est toute aussi étonnante. Elle a déjà épuisé l’hydrogène de son noyau et est devenue ce que les astronomes appellent une « subgéante ». Elle est en train de se transformer en géante rouge, énorme et « froide » comme Arcturus ou Aldébaran.

.

La découverte des « Jupiter chauds » apporte énormément de questions aux astronomes. TrES 4 vient encore repousser les limites de ce qui était déjà connu, et bouleverse une fois de plus les théories de formation des systèmes planètaires autour de leurs étoiles. Les théoriciens ont bien des nuits blanches en perspective…

.

Source principale : Lowell Observatory

.

11.8.2007

Champ de dunes dans le cratère Proctor

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 23:17

.

En cette nuit de samedi à dimanche, je trouve amusant de vous présenter ce cliché pris par la caméra haute résolution HiRISE, installée sur la sonde Mars Reconnaissance Orbiter, le 06 juin 2007. MRO se trouvait par 47,0° latitude sud et 30,7° longitude est. La résolution est de 25 cm par pixel.

.

Crédit image : NASA/JPL/University of Arizona

.

Plan large : 1 152 x 864 pixels

.

Nous voyons là, le liseré d’un champ de dunes tapissant le fond du cratère Proctor, lui-même large de 150 km et situé dans une zone montagneuse de l’hémisphère sud martien. Les dunes sombres sont constituées de basalte, arraché par l’érosion au plancher du cratère.

.

Entre les dunes sombres sont visibles une multitude de plus petites dunes fort ressemblantes à celles que l’on peut observer sur Terre.

.

La forme des dunes laisse à penser que les vents dominants proviennent de l’est. Contrairement à d’autres clichés de champs dunaires présentés sur ce blog, l’analyse des recouvrements mutuels de dunes sombres et petites dunes, laisse à penser aux analystes, que ces dunes continuent de bouger et de se déplacer au fil des vents martiens

.

Voici le cliché original dont à été tiré le détail ci-dessus.

.

Crédit image : NASA/JPL/University of Arizona

.

Plan très large : 2 048 x 4 877 pixels

.

Crédit image : NASA/JPL/University of Arizona

.

Source : HiRISE

.

« Page précédentePage suivante »

Développé par WordPress