Coup de poussières autour de RS Ophiuchi
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Un article à paraître dans l’édition du premier mai 2008 de l’Astrophysical Journal va venir apporter une nouvelle « lumière » sur une nova récurrente dénommée RS Ophiuchi. Il est signé par Marc Kuchner, Richard Barry, William Danchi, (tous trois du Goddard Space Flight Center de la NASA) et Rachel L. Akeson ( Michelson Science Center qui gère le Keck Observatory).
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RS Ophiuchi est une binaire d’étoiles composée d’une naine blanche et d’une géante rouge. Elle est située dans la constellation d’Ophiuchus, (le Serpentaire), à 5 000 années lumière de nous. (Voir note du 15 avril 2006).
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Les deux étoiles sont proches l’une de l’autre, à tel point que la naine blanche attire une partie de la matière de sa compagne. Lorque la masse accumulée atteint un point critique se produit une explosion thermo-nucléaire cataclysmique. On parle alors de nova récurrente : nova pour distinguer l’explosion de celle d’une supernova où l’étoile massive originale meurt pour se transformer soit en étoile à neutrons, soit en trou noir, et récurrente car elle se produit approximativement tous les vingt ans.
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Les deux télescopes de 10 mètres du Keck ; crédit image : Rick Peterson
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Plan large : 769 x 1 024 pixels
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Plan original : 962 x 1 308 pixels
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Lorsque la dernière explosion eut lieu le 12 février 2006, au Keck à Hawaï un nouvel instrument était en expérimentation. Il permet d’obscurcir la lumière d’une étoile, par exemple, pour en étudier son voisinage. Allié au mode interférométrique qui combine la lumière des deux miroirs de 10 mètres, c’est le seul instrument au monde de ce type. Il permet d’agrandir de 10 fois la sensibilité obtenue par le fonctionnement d’un seul des deux télescopes du Keck.
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Vue d’artiste du système RS Ophiuchi crédit image Casey Reed
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Plan large : 1 024 x 598 pixels
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Plan original : 1 600 x 934 pixels
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Trois jours après que la nouvelle de la nova fut divulguée, les astronomes du Keck étaient à pied d’œuvre pour tester leur instrument sur RS Ophiuchi. Dans la zone lumineuse aucune trace de poussières n’était visible, celles-ci ayant été certainement volatisées par l’onde de choc de l’explosion. Mais un peu plus loin, à des distances correspondant à environ 20 UA (une unité astronomique équivaut à la distance moyenne Terre-Soleil, soit 150 millions de km) était repérable le spectre de poussières de silicate.
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L’onde de choc de la nova ne les ayant pas encore atteintes, ces poussières étaient donc antérieures à l’explosion. Ce qui est une surprise car la théorie prévoyait jusque là qu’au contraire les poussières étaient dues au souffle de l’explosion. Les auteurs de l’article en déduisent que ces poussières se sont créées dans la spirale de matières arrachées à la géante rouge. Elles viennent s’enrouler, un peu comme des bras galactiques , autour de la naine blanche. Les conditions de température y sont suffisamment basses et la densité assez élevée pour que les atomes puissent former ensemble des particules de poussières.
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Depuis les premières observations, les poussières de silicate ont disparu, balayées par le souffle de l’explosion. Il va falloir maintenant attendre plusieurs années pour qu’elles se reconstituent à partir des matériaux arrachés à la géante rouge.
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Les astronomes espèrent beaucoup de leur nouvel instrument. En particulier dans le domaine très en vogue de la chasse aux exoplanètes. En obscurcissant la lumière d’une étoile, il va devenir plus facile de scruter son environnement et peut-être même « voir » directement la lumière d’une planète en orbite autour de son étoile.
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Source : Keck Observatory
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