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Le sujet est compliqué mais nous allons nous y attaquer quand même !
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Beaucoup d’entre nous ont rêvé à l’existence de l’antimatière, mais combien savent qu’elle existe réellement, particulièrement dans le centre de notre galaxie?
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Tout d’abord, comment peut-on détecter l’antimatière? Elle ne peut l’être, par définition, directement. Lorsqu’un électron rencontre sont homologue dans l’antimatière, un positron, lors de leur destruction, un rayonnement gamma est émis dans la fréquence caractéristique de 511 milliers d’électrons-volts (511 kev). Voilà pour la théorie !
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La découverte par des ballons sondes dans les années 1970 d’un tel rayonnement gamma semblant provenir du centre de notre galaxie, a soulevé bien des questions et des débats rigoureux.
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Pour certains astronomes l’explosion cataclysmique d’étoiles (les supernovae) permet de créer des positrons. Mais alors comment pouvoir affirmer qu’ils sont produits en nombre suffisant pour survivre à leur fournaise et former la taille des nuages observés ?
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Pour d’autres, l’aspect sphérique du nuage d’antimatière (de sa trace en réalité) correspond à la distribution prévue de la matière sombre dans le centre galactique. Mais, dans ce cas, la masse de la matière sombre serait beaucoup plus importante que ne le nécessite la théorie cosmologique.
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Un article, à paraître le 10 janvier 2008 dans le journal Nature, vient éclairer d’un jour nouveau, si j’ose écrire, le débat. Une équipe internationale d’astronomes, menée par Georg Weidenspointner du Max Planck Institute, a compulsé les résultats de quatre ans d’enregistrements réalisés par le satellite spatial spécialisé dans les rayonnement gamma de l’agence spatiale européenne : Integral
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Crédit illustration : ESA, Integral, Max Planck Institut (Weidenspointner et autres)
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Plan large : 929 x 245 pixels
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Sur l’illustration ci-dessus à gauche ont été reportés les enregistrements, pour l’ensemble du ciel, du rayonnement gamma 511 kev ; le coeur de notre Voie Lactée figure au centre. A droite a été figuré la distribution des binaires d’étoiles à faible masse mais possédant un important rayonnement X de haute énergie.
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Le nuage d’antimatière, au-delà du centre galactique n’est pas entièrement sphérique. Il est déséquilibré, deux fois plus d’antimatière se trouve d’un côté par rapport à l’autre. Ce qui vient contredire les partisans de la thèse de la matière noire qui doit se répartir équitablement de chaque côté du centre de la Voie Lactée.
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De plus la répartition du nuage semble correspondre à celle des couples d’étoiles de faibles masses mais émettant des radiations de forte énergie dans la gamme des rayons X (LMXB = Low Mass X-ray Binaries). Ces binaires sont formées d’une étoile fort semblable à notre Soleil, mais vampirisée par la présence proche d’un compagnon, un cadavre d’une ancienne étoile : étoile à neutrons ou trou noir. La matière détournée de l’étoile vient s’agglomérer autour de son compagnon dans un disque d’accrétion en spirale. Le gaz y est alors tellement échauffé que peuvent se créer spontanément des paires électron-positron et générer des rayonnements X intenses.
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Pour Weidenspointner, une simple estimation suggère qu’environ la moitié de l’antimatière du nuage pourrait provenir de l’activité de ces binaires, l’autre partie étant issue d’une activité similaire autour du trou noir central de notre Voie Lactée et par les supernovae.
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Satellite Integral vue d’artiste ; crédit : ESA
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Plan large : 1 024 x 768 pixels
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Plan original : 2 000 x 1 500 pixels
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Le satellite Integral est le seul instrument capable de détecter à la fois les rayonnements gamma 511kev et ceux LMXB. Les résultats sont inattendus. Ils demandent de nouvelles mesures de confirmation et apportent à leurs tours de nouvelles questions. Weidenspointner attends beaucoup des futures recherches dans ce sens. Selon lui, le lien entre LMXB et antimatière n’est pas prouvé, mais les mesures sont cohérentes. Il a une réelle importance en astrophysique car il diminue le besoin de présence de la matière noire au coeur de notre galaxie.
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Science in progress !
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Source : ESA
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