.
La prestigieuse revue Nature vient de publier dans son édition du 31 janvier 2008 un article signé par 51 astronomes du monde entier provenant de 24 universités différentes. Un tel rassemblement de chercheurs est signe de l’importance que la communauté scientifique accorde sur un des thèmes fondamentaux de la cosmologie moderne. L’article a pour auteur principal Luigi Guzzo (Osservatorio Astronomico di Brera, Milan, Italie).
.
Avant d’aborder le sujet un bref rappel de l’évolution de la pensée scientifique s’impose. Lorsqu’en 1929, Edwin Hubble découvrit que les galaxies étaient en mouvement, très rapidement s’imposât l’idée du Big Bang et de l’expansion de l’Univers pour expliquer théoriquement les nouvelles observations du Cosmos.
.
Du fait de l’attraction gravitationnelle, l’expansion de l’Univers était censée se ralentir au fil des milliards d’années d’existence de l’Univers. A part quelques scientifiques hostiles à l’idée du Big Bang, la grande majorité des scientifiques s’était ralliée à cette théorie correspondant parfaitement aux observations effectuées.
.
Jusqu’en 1998, où paru dans l’Astrophysical Journal un article signé par Adam Riess du Space Telescope Science Institute, et son équipe. L’expansion de l’Univers ne ralentit pas, au contraire elle s’accélère ! Les observations de Riess ayant été confirmées par d’autres travaux indépendants, il fallait revoir la théorie : soit l’attraction gravitationnelle est fausse et il faut rajouter à l’espace des dimensions supplémentaires, soit il existe une mystérieuse énergie sombre (ou noire) qui vient contrebalancer l’effet de la gravitation universelle.
.
Pour tenter de répondre à ce dilemme, il est devenu impératif d’afiner les données recueillies et de plonger loin notre regard dans l’Univers.
.
L’augmentation de la taille et de la précision des instruments d’observations astronomiques permet de mettre en chantier d’ambitieux programmes d’observations du Cosmos. C’est l’une de ces nouvelles études qui fait l’objet de la publication du 31 janvier dans Nature.
.
Ici intervient Olivier Le Févre, directeur du Laboratoire Astrophysique de Marseille et responsable scientifique de l’instrument VIMOS au VLT de l’ESO. VIMOS est un spectrographe installé sur Meripal, l’un des quatre télescopes de 8,20 m du Very Large Telescope. Grâce à VIMOS, les astronomes du projet WDS (VIMOS VLT Deep Survey) ont analysé les spectres de plus de 13 000 galaxies, situées dans une zone de l’espace de 20 pleines lunes et toutes à environ 7 milliards d’années lumière de nous.C’est la plus grande enquête réalisée dans ce domaine à ce jour couvrant un volume de 25 millions d’années-lumières cube.
.
Elle permet de visualiser les grandes structures de l’Univers.
.
Simulation informatique des grandes structures de l’Univers crédit ESO, Klaus Dolag, WDS Team
.

Plan large : 647 x 1 024 pixels
.
Plan original : 1 524 x 2 412 pixels (3,57 Mo)
.
L’illustration ci-dessus est une simulation informatique d’une zone de l’Univers couvrant 100 millions d’années lumière et remontant de 10 milliards d’années lumière dans le temps. Les couleurs correspondent à la masse volumique : en rouge les zones où la matière est la plus dense et en noir les zones les moins denses. Les lignes jaunes indiquent la direction et l’intensité de la vitesse de déplacement des galaxies.
.
Nous savons que les galaxies ont tendance à se regrouper en amas locaux, puis à une échelle plus grande en super-amas. L’étude publiée reprend les vitesses de déplacement des 13 000 galaxies. Elle démontre, qu’en effet, il existe une légère distorsion dans la vitesse des galaxies au-delà de celle due à la force gravitationnelle.
.
Mais pour autant, on ne peut en conclure avec certitude de l’existence de l’énergie sombre, qui représente dans les théories actuelles, près de 70 % de l’Univers. L’échantillon observé est trop restreint pour être représentatif de l’ensemble du Cosmos.
.
La prochaine étape, expliquent les auteurs, sera la mise en oeuvre d’une campagne d’observation de la vitesse des galaxies sur une échelle beaucoup plus grande : par exemple un échantillon de 100 millions de galaxies, situées à différents âges de l’Univers, pour pouvoir vérifier si ces premiers résultats sont confirmés.
.
Sources nombreuses dont pour les principales :
.
Science AAAS
.
ESO
.
INSU
.