Du ciel et de la terre

11.5.2008

Mars la rétrograde

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 23:10

Mars la rétrograde

.

Ce soir, j’ai découvert avec beaucoup de plaisir le cliché quotidien présenté par l’APOD (Astronomy Picture of the day).

.

Depuis la nuit des temps l’homme regarde le ciel de nuit et le mouvement des objets célestes. Cinq d’entre-eux avaient un comportement tout à fait indépendant des étoiles du fond du ciel. C’est ainsi que les planètes ont été très rapidement reconnues comme telles : Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne.

.

Les astronomes-astrologues se sont longuement demandés, pourquoi la planète Mars, par exemple, semblait périodiquement, pendant un certain temps, « reculer » dans le ciel avant de reprendre son cours normalement.

.

Pour Mars ce phénomène a lieu tous les deux ans et dure un peu plus deux mois. Ce « mouvement rétrograde » est simplement du au déplacement apparent de Mars sur son orbite autour du Soleil, vu depuis la Terre qui elle-même orbite autour du Soleil.

.

Voici un petit schéma explicatif : (source Wikipédia)

.

schéma explicatif du mouvement rétrograde de Mars, source Wikipédia

.

C’est ce mouvement rétrograde de Mars qu’à photographié, au fil des nuits l’année dernière, l’astronome amateur turque, Tunc Tezel, membre du TWAN, pour nous présenter cette superbe superposition de clichés.

.

Mouvement rétrograde de Mars . crédit image : APOD, Tunc Tezel, TWAN

.

Mouvement rétrograde de Mars . crédit image : APOD, Tunc Tezel, TWAN

.

Plan large : 1 024 x 1000 pixels

 

.

10.5.2008

De la condition humaine…

Enregistré dans : de la pluie et du beau temps — jjb @ 23:10

De la condition humaine…

.

Décidée lors le conférence UNISPACE III de Vienne en Autriche en 1999, a été créée en octobre 2000 une Charte Internationale regroupant l’agence spatiale européenne (ESA), le centre national d’études spatiales français (CNES) et l’agence spatiale canadienne (CSA).

.

The International Charter Space and Major Disaster, est destinée à mettre en commun toutes les ressources spatiales disponibles d’observations de la Terre en cas de catastrophes importantes. Depuis sa création, la charte a été rejointe par toutes les agences spatiales mondiales. Le dernier arrivé est la Chine en 2007.

.

Les observations permettent par exemple de suivre l’étendue des dégâts en direct et ainsi de mieux coordonner l’action des équipes de secours sur place. C’est ainsi que dès le 4 mai, l’Office des Nations Unies pour la coordination de l’aide humanitaire (OCHA), a demandé l’aide de la Charte Internationale quand à l’évolution du cyclone Nargis sévissant au-dessus du Golf du Bengale.

.

Les agences spatiales ont redoublé d’effort pour suivre l’évolution du cyclone et dresser des cartes d’inondations, mais lorsque sur le terrain quelques hommes soucieux uniquement de leur pouvoir, refusent de les entendre…

.

Alors plutôt que de montrer ici les vues réalisées par le satellite ENVISAT de Nargis et de ses inondations (voir la page dédiée sur le site de l’ESA, Observing the Earth), j’ai choisi une autre vue réalisée par l’instrument MERIS monté sur ENVISAT, le 5 mai 2008, avec une résolution de 300 mètres par pixel.

.

Sardaigne, Crédit image : ENVISAT, ESA

.

Crédit image : ENVISAT, ESA

.

Plan large : 990 x 984 pixels

.

Le ciel dégagé permet d’apprécier dans sa totalité la deuxième plus grande île de la Méditerranée après la Sicile : la Sardaigne. Elle n’est séparée que de 12 km de la Corse, à peine visible à l’extrême nord du cliché, par le Détroit de Bonifacio. D’une superficie de 24 090 km², elle se situe entre Mer Méditerranée à l’ouest et au sud et Mer Tyrrhénienne à l’est, à 200 km de la péninsule italienne et à 200 km du nord des côtes tunisiennes.

.

Plus de la moitié de son territoire est occupé par des vallées et des pâturages, le reste par trois chaînes de montagnes dont les plus haut sommets sont vers l’intérieur des terres. La capitale Cagliari apparaît dans les zones vertes du sud de l’île, sur les bords du golfe de Cagliari, à l’embouchure du fleuve Mannu.

.

Sources :

.

International Charter

.

ESA : Observing the Earth

 

.

9.5.2008

A portée d’Antennes

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 23:50

A portée d’Antennes

.

Les Antennes, voir dernière note sur le sujet du 17 octobre 2006, font de nouveau la une de l’actualité scientifique grâce à un article paru ce mois-ci dans Astrophysical Journal. Il est signé par Ivo Saviane (European Southern Observatory, ESO), Yazan Momany (Osservatorio Astronomico di Padova, Italie), Gary S. Da Costa (Australian National University RSAA, Australie), R. Michael Rich (Dep. of Physics & Astronomy (UCLA, USA), et John Hibbard (National Radio Astronomy Observatory (NRAO, USA).

.

Les Antennes, situées dans la Constellation du Corbeau, sont deux galaxies (NGC 4038 et NGC 4039) en train de fusionner. Les chercheurs ont utilisé la caméra avancée (ACS) et la Wide Field Planetary Camera 2 installées sur le télescope spatial Hubble pour effectuer toute une série de mesures.

.

Les Antennes ; crédit image NASA, ESA, Ivo Saviane (ESO) et Robert Gendler

 

.

Crédit image : NASA, ESA, Ivo Saviane (ESO) et Robert Gendler

.

Plan large : 1 024 x 605 pixels

.

Plan très large : 3 000 x 1 773 pixels

.

L’image de gauche a été capturée par l’astrophotographe Robert Gendler. L’encadré que nous retrouvons développé dans l’image de droite correspond à la portion scrutée par le télescope spatial Hubble. C’est une région plutôt calme située au sud d’une des deux « queues de marée » (d’où le surnom d’Antennes) qui se sont formées il y a quelques centaines de millions d’années dans la danse d’union des galaxies. Les scientifiques, grâce à Hubble, peuvent y examiner la lumière des étoiles individuelles. Leur cible a été plus particulièrement les géantes rouges dont les spectres sont bien répertoriés et peuvent servir d’étalon de distance dans d’autres galaxies par exemple.

.

Résultat des calculs : les Antennes sont beaucoup plus proches qu’on ne le pensait. Lors de leurs découvertes elles étaient estimées distantes d’une centaine de millions d’années lumière, puis avec l’augmentation de la puissance des télescopes, le chiffre est descendu à 65 millions d’années lumière. Depuis l’annonce des résultats, les Antennes sont maintenant officiellement éloignées de nous de 45 millions d’années lumière.

.

Cela peut paraître colossal si l’on compare avec la distance Soleil-Terre qui est de 8 minutes lumière. Mais par rapport à l’immensité de l’Univers, elles sont nos voisines.

.

La découverte est importante pour la compréhension des fusions galactiques. Si maintenant elles sont plutôt rares, ce phénomène fut très courant dans les premiers âges de l’Univers. L’observer à portée de télescopes, est primordial pour pouvoir théoriser sur les anciennes unions galactiques qui ont permis la formation des grandes galaxies comme la nôtre. D’après une distance connue avec certitude, les scientifiques peuvent évaluer plus précisément les forces physiques nécessaires à la mise en œuvre des queues de marée par exemple et mieux extrapoler les suites possibles de l’union des galaxies. C’est aussi un exemple très proche de ce qui arrivera à notre Voie Lactée lorsque, dans quelques milliards d’années, elle entamera sa danse de mariage avec notre très proche voisine Andromède !

.

Source : The european homepage for the NASA/ESA Space Telescope

 

.

8.5.2008

Les diables de poussières nettoient la piste du Phœnix

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 23:50

Les diables de poussières nettoient la piste du Phœnix

.

Les équipes scientifiques de la NASA travaillant pour le projet Phœnix Mars Mission sont très occupées en ce moment. En effet, Phœnix va se poser près du pôle nord martien (68° latitude nord et 127° longitude ouest) dans 17 jours, soit le 25 mai prochain.

.

Pour préparer l’amarsissage, les autres sondes en orbites autour de Mars sont mobilisées. Ainsi Mars Reconnaissance Orbiter, (MRO), en passant à l’aplomb du site prévu d’arrivée de Phœnix, le 20 avril 2008, a scruté le terrain dans un souci de prévision météorologique.

.

Site d'atterrissage de Phœnix vu par la caméra de contexte CTX de MRO Crédit image NASA, JPL-Caltech, Malin Space Science Systems

.

Site d’atterrissage de Phœnix vu par la caméra de contexte CTX de MRO

.

Crédit image : NASA, JPL-Caltech, Malin Space Science Systems

.

Plan large : 1 024 x 1 024 pixels

.

Plan très large : 2 048 x 2 048 pixels

.

Sur cette image prise avec une résolution de 6 m au sol par pixel sont visibles deux tourbillons de poussières (dust-devils) indiqués par des flèches blanches. D’après leur ombre, l’un culmine à 590 mètres de hauteur et occupe une surface au sol de 920 mètres, l’autre s’élève à 390 mètres d’altitude pour un diamètre de 790 mètres.

.

Site d'atterrissage de Phœnix vu par l'instrument MARCI de MRO ; Crédit image : NASA, JPL-Caltech, Malin Space Science Systems

.

Site d’atterrissage de Phœnix vu par l’instrument MARCI de MRO

.

Crédit image : NASA, JPL-Caltech, Malin Space Science Systems

.

Plan large : 1 083 x 844 pixels

.

Le deuxième cliché a été pris simultanément par l’instrument couleur MARCI de MRO. Le site d’amarsissage prévu pour la sonde Phœnix a été souligné par l’ellipse blanche.

.

Lorsque MRO a pris ces clichés, la saison pour l’hémisphère nord martien était la fin du printemps. Quelques semaines auparavant, cette région était encore recouverte de glaces. Ces deux tourbillons de poussières sont très précurseurs de l’arrivée de l’été, où par temps calmes, en fin de journée, ils se développent lors de la remontée de l’atmosphère plus chaude du sol vers les couches supérieures de l’atmosphère. Contrairement à l’idée reçue, ces tourbillons ne soulèvent pas forcément de poussières mais sont alors bien sur invisibles des sondes en orbite autour de Mars.

.

Les dust-devils sont très nombreux sur Mars. La caméra MOC installée sur Mars Global Surveyor en a comptabilisé plus de 12 000 de 1997 jusqu’à la fin de la mission en 2006. Toutefois, jusqu’à présent, aucun dust-devil n’avait été détecté à une latitude aussi élevée que celle où se posera Phœnix. Peut-être, aura-t-elle l’opportunité de filmer du sol le passage d’un dust-devil comme a pu le faire le petit robot Spirit (voir note du 23 avril 2007).

.

Source : Malin Space Science Systèms

.

Pour suivre l’arrivée de Phœnix sur Mars, voici son site dédié

 

.

7.5.2008

Une vague chaleur saturnienne

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 23:00

Une vague chaleur saturnienne

.

La revue Nature publie dans la même livraison deux articles complémentaires sur une découverte concernant Saturne. Il aura fallu une campagne de 22 années d’observation depuis la Terre de l’atmosphère de Saturne, pour pouvoir annoncer que la géante aux anneaux est la troisième planète connue à montrer une oscillation parcourant son atmosphère tous les quinze ans, soit une demi-année saturnienne. L’atmosphère terrestre connaît une vague similaire tous les deux ans et Jupiter tous les quatre ans.

.

La campagne d’observation est la plus longue jamais organisée pour suivre un objet spatial autre que la Terre. Pour Glenn Orton, du Jet Propulsion Laboratory-NASA, signataire principal du rapport, la patience a été le maitre d’œuvre pour permettre d’assembler les pièces fournies par 22 ans de travaux effectués par scientifiques et étudiants sur différents télescopes.

.

Saturne vu depuis la Terre en infrarouge, crédit image : NASA, JPL

.

La vague ride la haute atmosphère de Saturne dans un effet de va-et-vient. Les deux images ci-dessus (crédit : NASA/JPL) ont été prises depuis l’Infrared Telescope Facility de la NASA, installé au Mauna Kea à Hawaï. En 1997, par exemple, la température au niveau de l’équateur est plus froide que celle se situant par 13° de latitude sud, alors qu’en 2006, la situation s’est inversée.

.

Mike Flasar, Goddard Space Flight Center de la NASA et investigateur principal du spectromètre infrarouge installé sur la sonde Cassini, signe l’article évoquant la participation de la sonde Cassini aux recherches. Pour résumer la vision infrarouge de Cassini a permis de visualiser l’oscillation en détails.

.

Les scientifiques espèrent pouvoir comprendre pourquoi Saturne connait une telle modification au fil des saisons, le phénomène débutant lorsque Soleil et équateur de Saturne sont sur le même plan. La température de « surface » moyenne sur Saturne est de l’ordre de -130° C ; celle de son cœur est estimée avoisiner les 12 000° C.

.

Source principale : Cassini-Huygens, site NASA

 

.

6.5.2008

Rayon X : une partie de la matière manquante de l’Univers retrouvée

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 23:50

Rayon X : une partie de la matière manquante de l’Univers retrouvée

.

En préliminaire à l’article de ce soir rappelons-nous que l’Univers , sur une grande échelle, a tendance à s’organiser en grandes structures. Une toile d’araignée spatiale tissée de filaments de matière où se développent à leurs intersections les amas de galaxies.

.

Crédit illustration : Projet Horizon

.

Exemple de simulation numérique des grandes structures de l’Univers

.

Crédit illustration : Projet Horizon (voir note du 5 janvier 2007)

.

Plan large : 1 024 x 1 024 pixels

.

Plan très large : 2 048 x 2 048 pixels

.

Les astronomes modernes ont constaté que pour expliquer les mouvements des galaxies, les interactions gravitationnelles, la plus grande partie de la masse de l’Univers était invisible. Ainsi l’Univers est composé de 5% de matière baryonique (électrons, neutrons, protons, les briques de la matière ordinaire), 23% de matière noire insaisissable (particules étranges non encore définies mais dont les physiciens commencent à se faire une opinion) et surtout 72 % de ce que l’on appelle faute de mieux : énergie sombre.

.

Si 5% de matière ordinaire peut paraître faible, il est encore plus étonnant de constater que jusqu’à présent les observations n’ont démontré la présence visible que de la moitié de cette masse dans les galaxies et les nuages intergalactiques.

.

Depuis 10 ans, les théoriciens prévoient que ces 2,5 % de masse manquante se situent sous forme de nuages de gaz très dilués et très chauds dans l’immense espace intergalactique. Ce sont les filaments présentés sur la toile d’araignée spatiale ci-dessus.

.

Le 17 mars 2008 est paru dans The Astronomy & Astrophysics Letters un article signé par N. Werner (SRON, Institut néerlandais de la recherche spatiale), A. Finoguenov, A. Simionescu, H. Böhringer (Max Planck Institut, Allemagne), J. Kaastra (SRON et Université d’Utrecht, Pays-Bas), J. Dietrich (ESO, Allemagne), et J. Vink (Université d’Utrecht, Pays-Bas).

.

Les scientifiques ont utilisé le télescope spatial rayons X : XMM-Newton de l’ESA, pour observer deux amas de galaxies, Abell 222 et Abell 223, situés à 2,3 milliards d’années lumière de nous. La grande sensibilité de XMM-Newton leur a permis de découvrir un pont de matière reliant les deux amas galactiques.

.

Crédit image : ESA, XMM-Newton, EPIC, ESO, SRON, MPE, et autres

.

Abell 222 et Abell 223, image composite

.

Crédit image : ESA, XMM-Newton, EPIC, ESO, SRON, MPE, et autres

.

Plan large : 1 024 x 1 024 pixels

.

Plan original : 2 109 x 2 109 pixels

.

Cette image est composite. Sur le fond du ciel, capturé en lumière optique par l’instrument SuprimeCam installé au foyer du Subaru Telescope à Hawaï, ont été superposés les enregistrements réalisés dans les fréquences X par XMM-Newton.

.

Les travaux des scientifiques marquent la première découverte d’une infime partie de la masse baryonique manquante de l’Univers. Ils viennent surtout concrétiser la théorie prévoyant l’existence de filaments de nuages de gaz très peu denses mais très chauds entre galaxies ou entre amas de galaxies.

.

« Ce n’est que le début, conclut Norbert Werner. Pour comprendre la répartition de la matière selon la « toile cosmique » il nous faut lancer plus de missions comme celle-ci. Nos travaux permettront de mettre en place le cahier des charges nécessaire à l’élaboration d’un nouvel observatoire spatial beaucoup plus sensible et spécialisé dans ce genre de recherche.

.

Et Norbert Schartel, ESA, responsable scientifique du XMM-Newton Observatory, ajoute : « Cette importante découverte est une excellente nouvelle pour notre télescope. Le pont de gaz a été détecté après un travail de recherche difficile, et plus encore nous savons maintenant où aller le chercher. Je m’attends pour l’avenir de notre télescope à de très nombreuses demandes de suivi pour cibler ces très prometteuses régions du ciel ».

.

Source : ESA Space Science

 

.

5.5.2008

Uranus, quelques lunes et une tranche d’anneaux

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 23:50

Uranus, quelques lunes et une tranche d’anneaux

 

Les images d’Uranus publiées par les agences spatiales sont plutôt rares. La planète étant située à 20 unités astronomiques (distance moyenne Soleil-Terre), il est difficile d’en obtenir des clichés détaillés. Alors puisque l’ESO a décidé de publier un cliché d’Uranus pour son image du mois, je profite de l’occasion pour nous le faire partager.

.

Uranus et son système d'anneaux vu par le VLT, crédit image : ESO

.

Uranus et son système d’anneaux vu par le VLT, crédit image : ESO

.

Plan large : 1 024 x 735 pixels

.

Plan original : 1 433 x 1 029 pixels

.

Ce cliché a été enregistré par le Very Large Telescope au Chili utilisant l’instrument d’optique adaptative NAOS et l’imageur proche infrarouge CONICA. A ma connaissance seul le VLT a été capable de photographier du sol et au travers de l’atmosphère terrestre, les anneaux d’Uranus, découverts seulement en 1977.

.

L’image du dessous nous permet de mieux apprécier les anneaux d’Uranus grâce à une astuce technique. La lumière a été capturée par l’intermédiaire d’un filtre mettant en valeur uniquement la présence du méthane. Ainsi les anneaux d’Uranus se détachent plus nettement de la lumière de la planète.

.

Uranus parcourt son orbite autour du Soleil en 84 ans. Tous les 42 ans, en situation d’équinoxe, ses anneaux sont visibles par la tranche (voir note du 24 août 2007 sur ce sujet). C’est l’opportunité idéale pour découvrir les interactions entre les satellites comme les éclipses mutuelles et leurs occultations par la planète.

.

Ce cliché a été pris en février 2008, dernière possibilité avant 42 ans de voir les anneaux exactement par leur tranche. La durée d’exposition est de 1 minute, temps maximum d’observation continue disponible pour éviter les effets de « traîne » dus au déplacement des satellites autour d’Uranus. Sont aisément reconnaissables de part et d’autre de la planète, à gauche : Ariel, (1 100 km de diamètre, rayon orbital moyen de 190 900 km d’Uranus), et à droite : Miranda, (470 km de diamètre, 129 900 km de rayon orbital). Juste au-dessus du plan des anneaux, sont visibles : Portia (environ 100 km de diamètre, rayon orbital 66 100 km) et Puck (environ 150 km de diamètre, rayon orbital de 86 000 km).

.

Si vous le désirez, vous pouvez visionner en cliquant « ici », un film réalisé à partir des images enregistrées par le VLT, pour une durée totale d’observations de deux heures. Le temps de téléchargement est relativement long, mais vous pourrez ainsi mieux vous rendre compte des déplacements des lunes d’Uranus autour de leur planète et de la difficulté de conserver la netteté des images en fonction de l’instabilité atmosphérique par exemple.

.

Source principale : ESO

.

Source secondaire : Wikipédia

 

.

4.5.2008

M106, le retour

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 23:00

M106, le retour

.

J’avais déjà évoqué, les étranges bras fantômes de la galaxie M106 ou NGC 4258, dans la note du 11 avril 2007. La voici de retour mais cette fois pour fêter un anniversaire : celui de la cinquième année d’arrivée dans l’espace du satellite GALEX.

.

GALEX, comme son nom l’indique : Galaxy Evolution Explorer, a pour mission de scruter l’espace dans les rayonnements ultraviolets pour y analyser les galaxies et permettre aux astronomes d’en mieux comprendre leurs évolutions. En cinq ans, le satellite, parcourant une orbite terrestre en 94 minutes, a eu le temps d’enregistrer les spectres lumineux d’un demi-milliard de galaxies.

.

M106 ; Crédit image : GALEX, NASA, JPL-Caltech

.

M106 ; Crédit image : GALEX, NASA, JPL-Caltech

.

Plan large : 819 x 1 024 pixels

.

Plan original : 1 200 x 1 500 pixels

.

Le rayonnement ultraviolet permet de mettre en évidence l’âge des étoiles. Pour preuve, sur le cliché présenté ci-dessus de M106, apparaissent en bleu les jeunes étoiles chaudes situées dans les bras de la galaxie, alors que les couleurs jaunes dorées révèlent les étoiles plus âgées et les poussières du bulbe galactique.

.

M106 se trouve dans la constellation des Chiens de Chasse à 22 millions d’années lumière de nous. Sur le cliché est visible à la droite de M106, sa voisine NGC 4248, située elle à 24 millions d’années lumière de nous.

Juste en dessous de M106, la tache jaune correspond à la galaxie naine UGC 7365. Elle n’est composée pratiquement que par des étoiles âgées, ce qui la rend moins lumineuse aux yeux de GALEX, alors qu’elle n’est située pourtant qu’à 14 millions d’années lumière de nous.

.

Lors de la présentation de ce cliché, le Dr Chris Martin, du California Institute of Technology, et l’un des responsables de GALEX, conclut : « Franchement, nous n’avons fait que seulement effleurer la masse des données apportées par GALEX. Leur exploitation va bien nécessiter une décennie ! »

.

Source : GALEX, site NASA

 

.

3.5.2008

De l’importance d’un grain de sable dans la géologie de Titan

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 23:50

De l’importance d’un grain de sable dans la géologie de Titan

.

Titan, la plus grosse lune de Saturne, est un monde tout à fait extraordinaire. Cet univers gelé, la température au sol est de l’ordre de -180° C, présente tout comme notre Terre, des lacs, des rivières, et des montagnes. Au niveau de l’équateur des champs de dunes s’étendent sur des centaines de kilomètres. Mais ces structures ne se sont pas formées sous l’action de l’eau, Titan est tributaire du cycle du méthane !

.

Crédit image : NASA, JPL Dunes vues par le radar de Cassini sur Titan

.

Crédit image : NASA, JPL

.

A première vue, (l’image ci-dessus a été enregistrée par le radar installé sur la sonde Cassini), les dunes de Titan ressemblent beaucoup aux dunes de sables sur Terre du désert de Namibie. Hautes d’une ou plusieurs centaines de mètres, elles s’espacent en moyenne tous les 2,1 kilomètres.

.

Mais la ressemblance s’arrête-là. Les scientifiques travaillant sur la sonde Cassini, viennent de publier plusieurs articles dans la revue Icarus, faisant le point sur l’état des connaissances actuelles sur les dunes de Titan.

.

Lors de leur découverte, les savants avaient envisagé leur provenance due à l’érosion des rivières de méthane entamant la croute glacée de Titan. Leur analyse par les instruments de Cassini montre qu’elles ne possèdent que très peu de glace d’eau mais principalement des composés organiques. Le « sable » de Titan n’est pas formé comme sur Terre de grains de silices par exemple. Il n’est pas le résultat de l’action, au fil du temps, de l’érosion par le méthane liquide ou le vent du substrat rocheux de Titan. Les quantités de sables ainsi obtenues ne seraient pas suffisantes pour expliquer la masse globale des dunes de Titan.

.

Les scientifiques apportent une autre solution à la création des dunes de Titan. Selon eux, les grains de sables des dunes de Titan ne sont pas issus d’un phénomène de destruction d’un matériel précédent mais, au contraire, d’un processus d’agglomération. L’atmosphère de Titan est saturée par un brouillard de particules organiques. Celles-ci en se déposant sur le sol gelé fusionnent par un procédé appelé « frittage », (sintering en anglais). Les hydrocarbures, d’une taille inférieure à plusieurs millionièmes de celle d’un grain de sable, coagulent pour former des particules épaisses entre 0,18 et 0,25 millimètre, la taille juste suffisante pour être poussées par les vents et former ainsi les dunes.

.

Les crêtes des dunes semblent parallèles à la direction des vents dominants. Pour l’instant un seul atterrisseur, Huygens, a pu mesurer les vents de surface sur Titan. Toutefois, en observant l’espacement entre les dunes, les scientifiques pensent que la disposition des dunes serait tributaire de vents descendants de l’atmosphère vers le sol, plutôt que de vents balayant horizontalement la surface de Titan.

.

Bien des questions sur les dunes de Titan sont encore à résoudre. La plus intrigante tient à la localisation même des dunes sur l’équateur de la lune. Les scientifiques essaient actuellement de préciser la nature des terrains sur lesquels elles reposent. En effet pourquoi les dunes se retrouvent-elles seulement à certains endroits de l’équateur et non à d’autres et que signifie leur présence par rapport à la géologie entière de Titan ?

.

Source : Cassini-Huygens, site NASA-JPL

 

.

2.5.2008

Où il est question d’une expulsion galactique et de l’arrivée de LISA

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 23:50

Où il est question d’une expulsion galactique et de l’arrivée de LISA

.

Un article à paraître dans l’édition du 10 mai 2008 de l’Astrophysical Journal va enflammer l’imagination des rêveurs de l’espace. Il est signé par trois scientifiques du Max Planck Institut für Extraterrestrische Physik : Stephanie Komossa, H. Zhou et H. Lu.

.

La découverte est stupéfiante. Les chercheurs à partir de données enregistrées par les satellites spatiaux GALEX pour l’ultraviolet et ROSAT pour les rayons X, ont découvert l’étrange comportement d’un quasar situé à 10 milliards d’années lumière de nous : SDSSJO92712.65+294344.0

.

Un quasar est pour simplifier une galaxie très lointaine mais extrêmement brillante même à cette distance. Son activité est liée à la présence en son cœur d’un trou noir supermassif. Celui de SDSSJO92712.65+294344.0 est estimé posséder plusieurs centaines de millions de masses solaires.

.

Les mesures du spectre lumineux provenant du quasar et du rayonnement X du disque d’accrétion entourant le trou noir central, combinées aux simulations numériques réalisées par des supercalculateurs, permettent l’annonce par les chercheurs d’un phénomène incroyable mais prévu par la théorie. Le trou noir central du quasar se déplace à une haute vitesse d’environ 2 650 km/s ! Le trajet New York-Los Angeles en moins de deux secondes chrono !

.

Comment un tel phénomène est-il possible ?

.

Les observations des chercheurs viennent pour la première fois confirmer une hypothèse sur l’évolution des trous noirs. Lorsque deux trous noirs fusionnent sont émises des ondes gravitationnelles qui se propagent à la vitesse de la lumière dans toute la galaxie. Les ondes gravitationnelles étant émises dans une seule direction, le nouveau trou noir en subit le choc en retour dans le sens opposé, comme le recul d’un fusil lors d’un tir par exemple. Si la déflagration est suffisamment puissante, le trou noir central galactique se voit expulsé de sa propre galaxie !

.

illustration d'artiste ; crédit image : Max Planck Institut et Hubble Space Telescope

.

illustration d’artiste ; crédit image : Max Planck Institut et Hubble Space Telescope

.

Plan large : 640 x 502 pixels

.

C’est ce que les astronomes ont observé dans le cas de SDSSJO92712.65+294344.0. La découverte est importante pour les cosmologistes et pour les théoriciens de la physique fondamentale; Comme souvent dans ce cas, elle soulève de nombreuses nouvelles questions.

.

Conséquence directe de la découverte : il doit exister dans l’Univers des galaxies sans trou noir central et inversement des trous noirs supermassifs errant isolés dans l’espace intergalactique. Pour les cosmologistes de nouveaux champs d’investigations s’ouvrent. Comment galaxies et trous noirs se forment et évoluent conjointement dans les tous premiers instants de l’Univers ? S’il existe des galaxies sans noyau actif, évoluent-elles de la même manière que celles possédant des trous noirs centraux supermassifs ?

.

Les astrophysiciens seront amenés dans l’avenir à répondre à ces questions. Pour se faire, ils ont besoin d’instruments spécifiques capables de détecter les ondes gravitationnelles, prévues depuis longtemps par la théorie mais encore jamais mises directement en évidence. Le projet LISA (Laser Interferometry Space Antenna) de l’ESA, réalisé avec la collaboration de la NASA, nécessitera la coordination très précise de trois satellites dans l’espace. LISA sera peut-être l’un des maillons essentiels pour l’avancée de la Science dans ces domaines de pointe.

.

Une première mission d’essai technique et de validation des théories élaborées dans le cadre de LISA sera effectuée en 2010 par l’envol d’un premier satellite test : LISA Pathfinder

.

Si vous voulez consulter l’article soumis pour approbation à l’ Astrophysical Journal, le lien est ici.

.

Source principale : Max Planck Institut für extraterrestrische Physik

 

.

« Page précédentePage suivante »

Développé par WordPress