De l’eau liquide sur Mars ?
Dès avant sa parution officielle à la Lunar and Planetary Science Conférence de Houston le 23 mars 2009, une communication signée par 22 des membres de la mission Mars Phœnix dont son responsable principal Peter Smith de l’université de Tucson, Arizona, provoque une vive polémique scientifique même dans l’équipe de Phœnix.
Pour mémoire, la sonde Phœnix a atterri près du pôle nord martien le 25 mai 2008 et a étudié pendant 5 mois le sol martien, pour décider si les conditions étaient réunies pour une possibilité encore actuelle de vie microscopique. Les résultats avaient été contradictoires.
Les prélèvements avaient bien révélé la présence d’eau glacée dans le sol, ce qui n’est pas une surprise. Dans les temps anciens, lorsque Mars était plus chaude, de l’eau liquide s’est bien écoulée sur Mars, les reliefs subsistants d’érosion par l’eau sont très nombreux sur l’ensemble de la planète rouge. La sonde avait aussi détecté la présence de perchlorate dans les échantillons, présence guère compatible avec une possibilité de vie au sol, le débat scientifique à ce sujet continue.
Les conditions de température et de pression sur Mars ne permettent pas à l’eau , en principe, de subsister à l’état liquide. En fonction des changements climatiques, la glace d’eau se sublime, c’est à dire qu’elle passe directement de l’état solide (la glace) à l’état gazeux (la vapeur d’eau).
Or les scientifiques de Phœnix, en observant les pieds de l’atterrisseur, ont découvert de curieuses transformations. Sur ces photos prises aux 8, 31 et 44iéme Sols de la mission les deux sphéroïdes délimités par le cercle blanc semblent vouloir fusionner.
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Eau liquide sur Mars ; source NASA, Renno et autres
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Pour Nilton Renno, rapporteur de l’article, la glace d’eau projetée lors de l’atterrissage de Phoenix s’est mélangée avec les sels de perchlorate et les poussières du sol pour former une sorte de saumure permettant de modifier la température de gel de l’eau, phénomène analogue à celui vu sur nos trottoirs en hiver lorsque neige et sels de déneigement se mélangent. Et les auteurs de souligner que si l’eau liquide est possible, le développement d’une vie microscopique est tout à fait envisageable.
Certains scientifiques avancent beaucoup d’arguments liés à la chimie des éléments pour mettre en doute cette thèse et font remarquer que la résolution des images étant faible, il est difficile de mettre en évidence les modifications constatées sans tenir compte de celle des ombres portées.
Toutefois, Peter Smith, le responsable de la mission, s’il souligne la complexité de la chimie mise en œuvre lors de l’atterrissage de la sonde sur le sol martien, soutient sur le fond la thèse de Renno. Pour la première fois, de l’eau liquide, certes non pure !, aurait été vue sur Mars.
Par ailleurs, depuis quelques années, d’autres scientifiques estiment qu’occasionnellement il peut pleuvoir sur Mars.
Source : University of Arizona
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