Le cœur sombre de l’Aigle
Le cœur sombre de l’Aigle
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Lorsque nous regardons les merveilleux clichés des cieux au milieu des nuages de gaz constellés d’étoiles apparaissent de sombres endroits. Nous avons alors tendance à imaginer que cette partie de l’espace est complètement vide d’étoiles. Bien au contraire, les zones du ciel très sombres sont en fait des endroits où les poussières et nuages de gaz sont si denses que la lumière des étoiles situées en arrière d’eux en est bloquée à notre vue. Ce sont dans de telles régions, que bien abritées dans leur cocon, sont en gestation les futures générations d’étoiles.
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Depuis peu, l’Agence Spatiale Européenne bénéficie d’un nouveau télescope spatial infrarouge : Herschel. Là où ses prédécesseurs ne voyaient rien, Herschel, qui est bien sur le représentant de la toute nouvelle génération des télescopes spatiaux infrarouge, pénètre l’intimité des sombres nuages de gaz et de poussières.
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Le cœur sombre de l’Aigle ; crédit image : ESA et autres
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Plan large : 1 024 x 1 024 pixels
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Plan très large : 1 930 x 1 930 pixels
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Cette image a été effectuée par deux des instruments d’Herschel le 24 octobre 2009. Le télescope regardait une sombre nuage de gaz s’étendant dans la constellation de l’Aigle sur plus de 1 000 années lumière ! Ici notre regard balaie une portion du ciel de 65 années lumière de diamètre. Les deux zones les plus brillantes correspondent à la présence de très grandes nouvelles étoiles qui ionisent les nuages d’hydrogène.
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Dans une si « petite » portion de l’espace, les chiffres décrits par les astronomes sont impressionnants : plus de 100 proto-étoiles y ont été détectées. Il ne leur reste plus qu’à entamer le cycle de la fusion nucléaire dans leur noyau pour qu’elles deviennent de véritables étoiles. Plus étonnant encore, les chercheurs estiment avoir répertorié près de 600 secteurs où le nuage de gaz est en train de s’effondrer sur lui-même. C’est le phénomène qui implique la genèse d’une étoile et de son système solaire. Il est encore bien trop tôt pour pouvoir les considérer comme des proto-étoiles, mais ces 600 zones sont bien sur les lieux où apparaîtront les futures générations d’étoiles !
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A noter, cette portion du ciel fait partie de la ceinture de Gould, découverte par John, le fils de William Herschel. Elle doit son nom à Benjamin Gould qui l’étudiera plus en détail en 1874. Ce gigantesque anneau de jeunes étoiles s’étend sur plus de 3000 années lumière au travers de plusieurs constellations avec une inclinaison de 20° par rapport au plan galactique. Son origine n’est pas encore entièrement expliquée. Il peut s’agir d’une extension d’un des bras galactique où se trouvent le plus grand nombre de jeunes étoiles, notre Soleil se situant actuellement entre deux des bras de notre Voie Lactée. La ceinture de Gould peut aussi provenir d’une très puissante supernova qui se serait répercutée sur les nuages de gaz environnants, les poussant à se contracter pour former de nouvelles étoiles ; les plus massives explosant à leur tour, très rapidement à l’échelle astronomique, et créant ainsi une relation en chaîne sur leur environnement galactique.
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Source principale : ESA Space Science
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