Du ciel et de la terre

3.6.2010

Jupiter : impact de 2009, épisode 3

Enregistré dans : Poussière d'étoiles — jjb @ 22:40

Jupiter : impact de 2009, épisode 3

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Le 19 juillet 2009, un astronome amateur australien repérait une nouvelle tache sombre sur Jupiter (voir dernière note sur le sujet du 27 juillet 2009). La planète géante venait d’être frappée par un objet tout à fait inconnu, et non repéré précédemment, contrairement aux 20 impacts laissés par la comète Schoemaker-Levy 9, 15 ans auparavant.

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Beaucoup des télescopes terrestres et spatiaux se sont braqués très rapidement sur Jupiter pour observer l’événement. Parmi eux, le télescope spatial Hubble qui venait juste de subir sa dernière remise en état par la mission STS 125 de la navette Atlantis.

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Impact de 2009 sur Jupiter ; crédit image : NASA, ESA, Wong, Hammel, de Pater et autres

Impact de 2009 sur Jupiter ; crédit image : NASA, ESA, Wong, Hammel, de Pater et autres

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Plan large : 819 x 1 024 pixels

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Plan très large : 2 400 x 3 00 pixels

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Une étude sur l’impact de 2009 réalisée par une équipe d’astronomes dirigée par Heidi Hammel (Space Science Institute, Boulder, Colorado) vient d’être publiée le premier juin 2010 dans Astrophysical Journal Letters.

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Les astronomes ont comparé les enregistrements de Hubble en 1994 lors de l’impact de la comète Schoemaker-Levy 9 à ceux de l’impact de 2009. Les différences entre les deux événements apportent de fortes présomptions sur la nature de l’objet percutant Jupiter en 2009.

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Par exemple dans le rayonnement ultraviolet étaient visibles des halos autour des sites d’impacts de 1994, preuve de présence de poussières provenant des fragments de la comète. Les contrastes étaient élevés entre les débris générés par les impacts et les nuages de Jupiter. Rien de tel en 2009.

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En 2009 l’impact (équivalent au diamètre de l’Océan Pacifique) n’a laissé aucune trace, et s’est estompé bien plus rapidement qu’en 1994.

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L’objet n’avait donc pas la consistance poussiéreuse d’une comète mais plutôt celle plus compacte d’un astéroïde.

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La forme allongée du site d’impact suggère que l’objet de 2009 a percuté avec un angle plus faible Jupiter que les fragments de la comète ; de même la direction est différente.

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L’astronome Augustin Sanchez-Lavega (Université du Pays-Basque, Bilbao, Espagne) et ses collègues ont tenté d’établir les différentes orbites possible pour l’objet de 2009. Verdict des calculs : l’objet, un astéroïde, devait avoir environ 500 mètres de diamètre et appartenait probablement à une famille d’astéroïdes forte de 1 100 membres en orbite dans une ceinture secondaire autour de Jupiter : la famille Hilda !

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Les plus gros impacts de 1994 équivalaient à plusieurs fois le potentiel de toutes les bombes nucléaires terrestres. Celui de 2009 est estimé correspondre à plusieurs milliers de “bombes atomiques standard”. Lorsque l’on constate les dégâts causés sur un géant comme Jupiter (142 984 kilomètres de diamètre à l’équateur) on peut facilement imaginer l’avenir de la vie sur notre Terre si un objet similaire était amené à la percuter.

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Les chercheurs ont aussi consulté les annales historiques à la recherche d’éléments similaires : en 1686 l’astronome italien Giovanni Cassini décrit une tache sombre assez similaire au plus grand impact de Schoemaker-Levy, de même en 1834 l’astronome britannique George Airy rapporte avoir observé une tache quatre fois plus grande que celle des ombres des satellites joviens, mais aucune autre observation n’est venu confirmer la sienne. A cette époque, les télescopes étaient bien trop rudimentaires pour pouvoir préciser la nature des taches observées.

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A noter la remarque de Hammel soulignant le travail important réalisé par les astronomes amateurs lors de l’impact de 2009 :”cet événement illustre à merveille comment astronomes amateurs et professionnels peuvent travailler ensemble”.

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Source principale : Hubble site

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