Titan : une forme de vie exotique possible ?
Titan : une forme de vie exotique possible ?
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Vue d’artiste de la surface de Titan ; crédit image : Steven Hobbs
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Plan large : 768 x 1 024 pixels
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Beaucoup d’entre nous en rêvent : découvrir des formes de vie non semblables à celles de notre Terre autre part dans l’espace. Idée absurde ? Non, théoriquement possible. Au delà des livres de Science-Fiction de ma jeunesse, je me souviens avoir lu avec intérêt la description très sérieuse de tout un écosystème décrivant certains nuages de la haute atmosphère jupitérienne comme possibles vecteurs de vie rudimentaire. Il s’agissait là d’un simple essai scientifique tendant à démontrer que la vie peut prendre bien des formes surprenantes.
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Avec l’extension du champ d’investigation de l’astronomie permis par l’exploration d’autres planètes que la Terre grâce aux sondes automatiques et maintenant par l’étude de planètes situées hors de notre système solaire, est née une nouvelle branche scientifique : l’astrobiologie.
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L’astrobiologie n’en est encore qu’à ses premiers pas dans sa volonté d’analyser les environnements extraterrestres. Le sujet est sensible car il rejoint notre imaginaire et pour certains nos croyances. Alors il faut toujours raison garder. Mais attachons nos ceintures et partons pour Titan !
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Titan, la plus grosse lune de Saturne, fait rêver depuis longtemps les scientifiques. Que se cache-t-il derrière son imposante couverture nuageuse ? Les analyses depuis la Terre, laissaient à penser à la communauté scientifique que Titan représentait sur le mode gelé un état qu’avait connu notre Terre dans ses premiers âges. Grâce à l’arrivée de la sonde Cassini et à l’atterrissage de Huygens, les scientifiques ont été émerveillés de ce qu’ils découvraient, des lacs et des pluies d’hydrocarbures, des montagnes et dunes de matières organiques, du cryovolcanisme…
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Le traitement des données recueillies par Cassini continue. Deux articles récents proposent une analyse de l’activité chimique complexe à la surface de Titan et laissent entrevoir la possibilité d’une vie primitive basée sur le méthane. Toutefois il faut garder en mémoire que des processus physiques peuvent expliquer les faits décrits plus bas sans faire intervenir la nécessité d’une vie primitive.
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Le premier paru dans le journal Icarus s’interroge sur des molécules d’hydrogène coulant à travers l’atmosphère de Titan pour disparaître à sa surface. Le deuxième, paru dans le Journal of Geophysical Research aussi le 03 juin 2010, en étudiant la répartition des hydrocarbures à la surface de Titan constate l’absence d’acétylène.
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“Cette absence d’acétylène est importante car cette substance chimique serait probablement la meilleure source d’énergie pour une vie basée sur le méthane sur Titan”, déclare Chris McKay, astrobiologiste du NASA Ames Research Center. Déjà en 2005, McKay avait proposé une étude présentant les conditions nécessaires permettant une forme de vie basée sur le méthane sur Titan. Si l’acétylène est utilisé comme carburant, la consommation d’hydrogène est nécessaire, à l’image de notre consommation d’oxygène sur Terre. Si l’absence de ces deux éléments à la surface de Titan se révèle être un signe de vie, elle représenterait la découverte d’une nouvelle forme de vie différente de celle basée sur l’eau sur Terre !
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A ce jour aucune forme de vie basée sur le méthane n’a été démontrée. Encore que sur Terre existent des microbes “construits” à partir d’eau liquide qui se développent sur le méthane ou en produisent. Toute forme de vie a besoin d’un liquide comme médium mais sur Titan il ne peut s’agir d’eau car la surface est gelée à - 180° C. Le méthane, et ses dérivés, présent à l’état liquide sur Titan, pourrait remplacer le rôle de l’eau sur Terre.
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“Les résultats obtenus pour l’hydrogène sont cohérents avec les conditions pouvant permettre une forme de vie exotique basée sur le méthane, mais ne prouve pas définitivement son existence”, déclare Darrel Strobel, chercheur interdisciplinaire de l’équipe Cassini, Johns Hopkins University, et auteur de l’article sur l’hydrogène.
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Strobel qui étudie les hautes atmosphères de Saturne et de Titan, a analysé les données recueillies par les spectromètres de Cassini. L’hydrogène est produit par le rayonnement ultraviolet du soleil qui scinde les molécules de méthane en hydrogène et acétylène dans les couches atmosphériques supérieures de Titan. La théorie prévoit que l’hydrogène devrait se répartir assez également dans toutes les couches de l’atmosphère. “C’est comme si vous pressiez un tuyau rempli d’hydrogène vers la surface et que celui-ci ait disparu”, commente Strobel.
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Pour Strobel il est peu probable que l’hydrogène soit stocké sous la surface de Titan. La surface de Titan est trop froide pour permettre le processus inverse de retour au méthane des molécules d’acétylène et d’hydrogène sauf en cas de présence d’un minéral inconnu permettant la catalyse avec libération d’énergie.
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De même Roger Clark, scientifique de l’équipe Cassini, US Geological Survey, a analysé les données recueillies par les spectromètres de la sonde pour établir une carte de la répartition des hydrocarbures sur Titan. Alors que théoriquement l’acétylène devrait être partout présent, il est complétement absent. En outre, les spectromètres ont relevés aussi l’absence complète de glace d’eau en surface. Les scientifiques pensent que la glace d’eau est simplement recouverte, parfois à de très grandes profondeurs par les dépôts d’hydrocarbures constants. La chimie des composés organiques dans l’atmosphère de Titan est si active que même les flux de méthane et d’éthane liquides qui agissent comme l’eau sur Terre ne peuvent mettre au jours les dépôts de glace d’eau enfuis sous les composés organiques qui s’accumulent rapidement.
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“L’absence d’acétylène sur la surface de Titan peut très bien avoir une explication non biologique”, déclare Mark Allen du NASA Astrobiology Institute au Jet Propulsion Laboratory. Il est possible que la lumière solaire ou les rayons cosmiques transforment l’acétylène en molécules plus complexes tombant sur la surface de Titan sans la signature de l’acétylène.
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La prudence scientifique doit admettre une explication biologique en dernier ressort, une fois que toutes les hypothèses non biologiques aient été abordées. Un très grand travail scientifique doit être fourni dans ce sens, il est probable qu’un procédé chimique faisant intervenir un catalyseur minéral peut expliquer ce phénomène sans faire intervenir une explication biologique, continue Allen. (Note personnelle, je me souviens que Huygens lors de son atterrissage sur Titan avait analysé les gaz provoqués par son arrivée, il semble qu’il se soit posé sur un matériau inconnu ou du moins non encore détecté.)
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La conclusion revient à Linda Spilker, responsable scientifique du projet Cassini auprès du JPL, : “ces nouveaux résultats sont surprenant et passionnant. La sonde Cassini (note personnelle : dont la mission a été récemment prolongée) a de nombreux nouveaux survols de Titan prévus à son programme, susceptibles de nous aider à comprendre ce qui se passe à sa surface”.
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Source principale : Cassini Equinox Mission
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