Magnétar SGR 0418+5729
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Décidément les magnétars, depuis leurs découvertes, apportent plus de questions aux scientifiques qu’ils n’apportent de réponses. Ici nous entrons dans un domaine très pointu de l’astrophysique, alors je vais simplifier le texte autant que possible.
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Lorsqu’une étoile très massive a utilisé toute son énergie, elle se transforme, selon sa masse, lors de la supernova, soit en trou noir soit en étoile à neutrons. Une étoile à neutrons ou pulsar est le cœur incandescent de l’étoile défunte tournant très rapidement sur lui-même. La matière y est si dense qu’elle ne peut subsister que sous forme de neutrons, d’où son nom. A titre d’exemple l’ensemble de la masse de notre soleil serait dans un pulsar enfermée dans une sphère d’une vingtaine de kilomètres de diamètre !
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Dans la famille pulsar existent de très rares singularités appelées magnétars (voir dernier article sur le sujet du 19 août 2010). Un magnétar est donc une étoile à neutrons mais présentant d’extraordinaires champs magnétiques et tournant un peu moins vite sur lui-même.
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Le magnétar SGR 0418+5729 fait la une de l’actualité aujourd’hui dans l’édition en ligne de Science Express. Il a été découvert le 5 juin 2009 lors de l’émission d’un sursaut gamma (des rayonnements de très haute énergie) par le télescope spatial Fermi. Il a été suivi quatre jours plus tard par le télescope spatial rayons X Rossi (RXTE) et pour une durée de 100 jours. Première surprise outre des éruptions sporadiques, SGR 0418+5729 émet un rayonnement X continu avec une pulsation toutes les 9,1 secondes. Avec un champs magnétique très élevé, et une rotation “lente” pour une étoile à neutrons, il a donc été catalogué comme magnétar.
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Depuis SGR 0418+5729 a été aussi suivi par les télescopes spatiaux rayons X : XMM-Newton de l’ESA et Chandra de la NASA. Pourquoi tant d’attention ? Tout d’abord parce que les magnétars sont des objets très rares dans le bestiaire d’étoiles. Mais surtout car les mesures des télescopes ont apporté une seconde surprise. Normalement un pulsar sous l’effet du rayonnement électromagnétique de basse fréquence et des rayonnements de haute énergie voit son énergie se dissiper dans l’espace : autrement dit il ralentit sa rotation très, très progressivement.
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Or dans le cas SGR 0418+5729 aucune diminution de sa vitesse de rotation n’a pu être détectée. Ce qui implique que l’émission des ondes électromagnétiques de basse fréquence est très faible sur la surface du magnétar. Mais alors d’où proviennent ses sursauts gamma et son émission permanente de rayonnements X ?
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Si l’énergie ne provient pas de la surface, les scientifiques estiment alors que sa source est dans le cœur même du magnétar. Son champ magnétique interne est tordu et amplifié comme le montre la vue d’artiste ci-dessous.
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Magnétar SGR 0418+5729, vue d’artiste ; crédit image : NASA, CXC, M. Weiss
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Plan large : 792 x 1 224 pixels
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Les études théoriques annoncent que si le champ magnétique interne est au moins dix fois plus fort que celui de surface, sa décroissance et ses distorsions peuvent expliquer l’émission continue de rayons X et, lorsque la croûte brûlante du magnétar éclate, l’accélération des particules entraine le sursaut gamma.
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Maintenant reste à expliquer comment un tel déséquilibre entre champs magnétiques interne et externe peut perdurer ? Les mesures faites par Chandra annoncent un rapport entre les deux de 50 jusqu’à 100 fois plus puissant pour ce qui concerne le magnétar SGR 0418+5729. Voilà de quoi faire pulser et tourner la tête des théoriciens pour un bon moment !
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Source : site Chandra
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