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A la recherche d’une planète invisible
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Avoir cinq minutes de retard peut-être stressant pour notre vie quotidienne, mais quand une planète présente un retard sur son rendez-vous avec un astronome, celui-ci s’en trouve subitement très surexcité.
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La recette n’est pas nouvelle puisqu’un tel phénomène a permis d’annoncer la présence de Neptune, avant sa découverte réelle, à partir d’irrégularités horaires d’Uranus. La voici remise au goût du jour, mais appliquée pour la première fois à un système planétaire autre que le nôtre, par un article à paraître dans Astrophysical Journal.
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Exoplanète invisible, Kepler 19c, vue d’artiste ; crédit image : David A. Aguilar (CfA)
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Plan large : 1 008 x 1 008 pixels
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Le télescope spatial de la NASA Kepler a repéré par la classique méthode du transit (la légère diminution de la luminosité d’une étoile quand une de ses planètes passe lors de son orbite entre elle et nous) l’existence d’une exoplanète, Kepler 19b, autour de l’étoile Kepler 19, située à 650 années lumière de nous dans la constellation de la Lyre.
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Kepler 19b orbite autour de son étoile en 9 jours, 7 heures, à une distance de 13,5 millions de kilomètres. Sa surface atteint à cette distance les 500° C et son diamètre est estimé à 29 000 kilomètres soit un peu plus de deux fois celui de la Terre. Elle est considérée comme un mini-Neptune par les astronomes qui ne connaissent ni sa masse ni sa composition.
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Si Kepler 19b était seule, chacun de ses transits se renouvellerait à la seconde près. Or ils bénéficient systématiquement d’une avance ou d’un retard de cinq minutes. Ces variations du temps de transit indiquent que la présence d’une autre planète accélère ou ralentit l’orbite de Kepler 19b.
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“C’est comme-ci quelqu’un vous faisait une farce en appuyant sur le bouton de la sonnette de votre porte avant de s’enfuir. Vous savez que quelqu’un était là mais vous n’avez pas réussi à le voir avant d’arriver à la porte”, explique avec humour Sarah Ballard, signataire principale de l’article (Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics).
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Jusqu’ici les astronomes ne savent rien de la deuxième exoplanète Kepler 19c. Son influence sur Kepler 19b est trop faible pour en déduire sa masse exacte. L’analyse de la lumière de Kepler 19 n’a pas révélé d’autres transits entre elle et nous, ce qui suggère que son orbite est inclinée par rapport à celle de Kepler 19b.
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“Kepler 19c peut présenter de multiples personnalités compatibles avec nos données”, annonce Daniel Fabrycky (Université de Californie, Santa-Cruz), membre de l’équipe de chercheurs. “Elle pourrait être une planète rocheuse orbitant sur une orbite circulaire en 5 jours autour de Kepler 19, ou une géante gazeuse sur une orbite oblongue en 100 jours.”
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Des observations supplémentaires vont continuer par Kepler et du sol par l’instrument Harps-Nord installé sur le télescope de 3,6 mètres TNG aux îles Canaries pour tenter de déterminer sa masse. “Cette méthode de détection est très prometteuse pour trouver des planètes qui ne le pourraient être autrement”, commente David Charbonneau, co-auteur de l’article et célèbre astronome du Harvard-Smithsonian CfA.
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Source : site Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics
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